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Magnifique

7 octobre, 2009

Le film pour l’humeur du moment.

Sangria y espana!

16 juin, 2009

Bon.

Je sens que plus les jours passent, plus jai de la difficulte a faire un resume convenable de tout ce que je vois, tellement jai peu de temps pour le faire proprement. A preuve, jai passe cinq jours a Barcelone pour ne donner que quelques lignes dans mon billet precedent.

Alors tant pis, je mettrai le blogue a jour en revenant! ;)

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Je suis actuellement a Valencia, ville sur la cote est de lEspagne sur la mediterrannee. Il fait incroyablement chaud, et je repars demain matin pour Madrid, quittant la mer pour ne que pour mieux la retrouver a San Sebastian, cette fois-ci directement dans lAtlantique, puisque la ville est au Nord de lEspagne. Puis je quitterai les filles pour voyager en solo durant les 15 jours suivants, en retournant en France, sur la cote Atlantique. J’ai bien hate de partir seule avec mon sac a dos comme seul compagnon, je sens que je vais enfin pouvoir toucher a quelque chose….

Tel que mentionne predemment, apres mon sejour a Barcelone, nous somms alles a Figueres, petite ville charmante a quelques heures de Barcelone, dont la principale attraction est sans contredit le fameux musee Dali, dont vous retrouverez quelques photos dans mon album web picasa sous lalbum de barcelona. Sans grande surprise, jai litteralement ete charmee par le musee, qui presente la fameuse installation de mae west et le divan en bouche et bon nombre de ses peintures celebres.

Je retiendrai rapidement de Barcelone un melange eclatant de cultures, de mode de vies. Cest a la fois la mer, mais aussi la ville, avec ses immeubles a larchitecture demente cree par Gaudi. Mais plus quon approche du port, cest une ambiance decontractee qui prend le dessus, avec ses jams improvises de musique aux coins des rues lodeur de la paella qui cuit. Sa rambla aussi, grande artere pietonne avec une quantite effroyable de touristes et damuseurs publics, bordee par le marche magique de la boquetira, ou jai ahcete une papaye, et par lOpera de Liceu, d0nt la visite (jai nai pas de photos de la salle, interdiction oblige) ma grandement marquee.

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Le  lendemain, nous sommes reparties en train vers le village de Peniscola, petit paradis aux murs blancs sur le bord de la mer. Cette journee meriterait une page complete de redaction tellement les peripeties ont ete nombreuses et delirantes, et je prend bien note de les raconter a mon retour. Notons seulement que nous sommes arrivees dans une ville de 10 000 habitants, Benicarlo, ville voisine de Peniscola ou nous voulions nous rendre, 6000 habitants. Le train a mit 6 heures a se rendre au lieu dune heure et demi, retardant ainsi notre programme de la journee, ce qui fut la cause dune panoplie dincidents cocasses et qui nous fit faire le tour de la ville en taxi. On en retire que les villes de 10000 habitants, cest trou et ya pas grand chose sauf la plage et des gens incroyablement synmpathiques qui nous ont tous aides sans chercher quelque chose en retour. Cela a donne lieu a de belles rencontres, cocasses puisque je suis la seule qui arrive un peu a maitriser lespagnol et a me faire comptrendre, sans toutefois tout comprendre en retour. Notons que toutes ces peripeties se sont termines dans un ejoie indescriptible, en apercevant enfin otre auberge qui netait reien que moins qune petite villa sur le bord de la mer, cuisine en inox, balcon et mezzainine inclu! :)

Les jours suivants ont etes dedies aux couchers de soleil sur la mer, a la viste de Peniscola et de son chateau, et a marcher dans ses rues etroites aux murs blanchis par la chaux.

Puis a Valencia, nous avons principalement fait des tours proposes par lauberge de jeunesse, dont une viree des bars de tapas dans la ville, un walking tour historique gratuit de la ville et bien sur, la visite du celebre aquarium de valencia.

Ahhhh j’ai plus d’internet, adios! :)

Au pays de la sangria, du flamenco et du soleil. Olé!

8 juin, 2009

Quelques nouvelles en vrac:

Je roule toujours ma bosse en Europe, et termine mes dernieres journees a Barcelone. Jy ai mange de la paella, bu de la sangria, vu un spectacle de Flamenco, visite la Sagrada Familia, le parc Guell, le musee Picasso, le musee Dali, la Casa Battla de Dali, entre autres, en plus davoir viste Marseille de fond en comble et mettre baignee dans les calanques de Cassis.

Je serai de retour je ne sais pas trop quand, puisque je pars demain en compagnie des filles pour Peniscola pour quelques jours, petit village sur le bord de la mer. Adios! :)

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Le début d’une longue escapade…!

4 juin, 2009

Et me voila repartie!IMG_7225

(Le palais Longchamp a Marseille)

Depuis mon dernier article, bien des evenements se sont bouscules, notamment l’arrivee de trois de mes meilleures copines sur Lyon, avec lesquelles j’ai passe mes dernieres journees.

Lundi dernier, j’ai donc de nouveau pris la navette Satobus pour me rendre à l’aéroport Saint-Exupéry afin d’aller accueillir cette fois mes trois amies québécoises venues me rejoindre pour la suite de mon voyage. Leur vol était à l’heure et nous nous sommes joyeusement dirigées vers mon appartement, puisque je leur avais offert de les héberger pour la semaine, dans mon minuscule 1 et 1/2

Nous avons passé les jours suivants à pour leur part, découvrir la ville, et pour ma part, lui faire mes adieux. Nous avons usé nos souliers sur les pavés lyonnais, en n’oubliant pas de faire les incontournables une dernière fois avant de partir : boire une bière sur la place Saint-Jean puis aller regarder le spectacle de son horloge, monter les marches de Fourvière et admirer la vue, zizaguer entre les traboules avant de se lécher les doigts autour d’un kebab et évidemment, aller saluer Petit Poney d’Amour au parc de la Tête d’Or.

J’ai neanmoins passe ma derniere soiree en compagnie de Vincent et Catinca et d’autres amis lyonnais, a regarder le coucher du soleil sur le Rhone, un dernier verre de rouge a la main. Les adieux furent difficiles mais je sens tout de meme que mon deuil est fait et qu’il est maintenant temps de passer a autre chose.

Je suis donc actuellement a Marseille ou je suis arrivee en TGV, premiere classe, hihi, ou en compagnie des trois filles, je suis revenue visiter pour une deuxieme fois. Encore une fois, la ville m’a beaucoup charmée, avec son port magnifique au coucher du soleil et ses petites rues etroites dans le quartier du panier.

Nous avons entres autre visite le musee de la mode de Marseille aui presentait une exposition sur Fred Sathal, celle qui a cree les costumes pour Notre Dame de Paris, la comedie musicale. Puis visite du Palais Longchamp, magnifique avec ses fontaines d’eau et sa vue dominant la ville.

Hier, nous sommes alles faire un tour dans les sublimes, que dis-je, merveilleuses calanques de Cassis, se baigner dans une eau turquoise, bleue, marine et violette a la fois. C’etait magique. Le village de Cassis lui-mele est magnifique, avec son grand marche central et ses petites facades multicolores qui donnent sur son port, lui meme donnant sur l’infini de la mediterranne (une pause google images ici s’impose!)

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Nous avons egalement eu droit a un superbe coucher de soleil sur le port de Marseille, bleu, rose et or, comme si Monet lui-meme s’etait amuse a echapper son pinceau sur l’eau du port. C’etait absolumebnt formidable, surtout qu’un trompetiste jouait juste a cote, rendant le moment encore plus sensible, irréel.

Au moment ou jecris ces lignes, il nous reste la tres impresionnante Notre Dame de la Garde a gravir, question d’aller admirer la ville, puis nous partons pour Barlecone ce soir en car, la ou il annonce 36 degres…!

Desormais donc, je tenterai donc d’ecrire sur ce blogue de facon sporadique, quand une connexion a internet me le permettra. Vous excuserez l’orthographe (clavier europeen oblige) et la possibilite que jecrive en ”liste d’epicerie”!

Sur ce, je retourne mettre de la creme solaire!

Aux portes des merveilles

26 mai, 2009

Ouf! Moi qui avait prévu écrire plusieurs articles différents, je n’en ferai finalement qu’un seul, très long (ça devient presque une habitude!), puisque je n’ai pas eu accès à internet pour publier alors…! J’en ai également profité pour modifier l’entête du blogue, puisque je quitterai lyon dans une semaine pour désormais vivre le monde en nomade!

Lyon, la magnifique. Lyon, la merveilleuse. Lyon, l’envoutante. Lyon… la Sublime!

Dans moins de deux semaines, je quitterai à tout jamais ces paysages incroyables, ces maisons orangés et roses tassées les unes contre les autres, je quitterai le bleu envoûtant de la Saône et le vert transparent du Rhône. Je dirai adieu à Fourvière, petit bijou perché dans la nuit bleutée des soirs d’été. Et puis je partirai, mes valises à la main, mes souliers frottant pour la dernière fois ces rues tant empruntées, et la ville elle, continuera de bourdonner quand même, de s’illuminer chaque soir, de ronronner un peu partout, dans ses racoins les plus mystérieux, elle vivra, encore plus fort.

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Oh, mais je ne suis pas à plaindre non plus. Puisque mon départ de Lyon marquera aussi le début d’une nouvelle aventure, celle des terres flamboyantes de l’Espagne, pendant près d’un mois. En effet, trois de mes meilleures copines arrivent dès demain, directement du Québec, afin de terminer mon aventure du sol européen avec moi. C’est donc un tout nouveau périple que j’entreprends, celui-ci, davantage nomade, et puis collectif. Évidemment, je compte bien continuer à chérir ma capacité d’émerveillement continuelle que j’ai développée ici, de même que ma curiosité de plus en plus infinie pour le monde.

Or cette semaine, dans ma soif de profiter de ma dernière semaine de solitude à Lyon, je me suis donnée pour mission de repousser les limites de mon exploration passée de la ville pour aller faire un tour vers les endroits dont j’avais entendu parler ou que j’avais entraperçu, me disant que je devrais y retourner un jour, puisque « j’avais bien le temps d’y revenir… »

Logiquement donc, vous aurez compris que j’ai terminé les cours et que j’ai aussi passé au travers de mes premiers et derniers examens français lundi dernier! Oui Monsieur. Mes six évaluations se sont relativement bien passées, plus ou moins pour certaines, mais bon… À noter, deux de celles-ci étaient orales, devant le professeur en tête à tête, mon stress dans les souliers et mon petit accent québécois qui me parsemait les joues de gêne. C’était plutôt flippant, mais il semble que je m’en suis sortie et c’est bien cela qui compte après tout, l’important étant d’obtenir la note de passage pour pouvoir me faire créditer mes cours à Laval. Les jours de « fac » sont donc maintenant choses du passé et j’avoue que je vais m’ennuyer de mon trajet quotidien le long du Rhône pour me rendre aux quais, où bien la passion de l’enseignement dont faisait preuve certains professeurs. Je pense à mon charmant M. de Vergnette, par exemple, en histoire de l’art, qui nous a donné notre dernier cours directement au Musée des Beaux-arts de Lyon. Imaginez : étudier le mouvement impresionniste en ayant sous les yeux les toiles de Monet ou de Degas, avec en plus, les commentaires du conservateur du Musée pour vous enrichir, puisque nous avons eu droit à une visite des collections le lundi, alors que le Musée était complètement désert, puisqu’habituellement fermé. J’étais véritablement sur un nuage!

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(Le Musée renferme une superbe cour intérieure toute verte et fleurie, qui est entourée de ces arches où plein d’amoureux se cachent pour s’embrasser).

Je ne croyais pas que le musée de Lyon contenait de si grandes œuvres (je crois qu’on est tellement habitué à penser que les grands se trouvent loin… alors que pourtant c’est moi qui est rendue loin, en mesure de les voir justement!) et j’ai donc eu la chance de voir mon tout premier Gauguin, magnifique, avec ses teintes d’orangé et de rouge, réchauffant toute la pièce, encore un peu de Degas et de Monet, que j’aime tant, du Manet aussi, du Corot, du Picasso, du Braque, du Matisse et bien sur, mon amoureux, du Renoir. En fermant les portes du Musée derrière nous, j’ai eu une envie folle de me faufiler derrière le conservateur, question de m’enfermer volontairement toute la journée à l’intérieur du musée, simplement pour m’asseoir, observer et rêver un peu, tranquille… Ahhh!

Tout cela pour dire que mardi, me sentant libre comme l’air et heureuse sans bon sens d’avoir la chance toute simple de visiter une ville sans rien devoir faire en retour, sans pression universitaire, sans boulot, sans attaches familiales, sans responsabilité notable hormis m’occuper de moi-même, je suis partie me promener vers le nord de Lyon, côté Rhône, armée de mon fidèle compagnon, M. Canon, l’appareil photo.

J’avais déjà aperçu lors d’une de mes promenades en jogging le long des berges un petit espace boisé le long du Rhône à quelques minutes à peine de chez moi et tout cela me semblait bien joli. J’ai donc décidé d’y retourner, profitant au passage pour respirer à plein nez l’air de l’été qui souffle sur Lyon, avec ses 30 degrés et sa nuée de pollen qui me rend folle. J’ai marché pendant presque une heure le long des péniches, en remarquant au passage que l’une d’entre elles abordait fièrement le drapeau du Québec au lieu de l’éternel bleu-blanc-rouge français.

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(C’est sympa avec cette photo l’on voit quatre ponts de Lyon.. :)

Ma promenade m’a menée à la hauteur du Parc de la tête d’Or, mais tout en restant du côté des berges; le petit boisé entraperçu est en fait ce qu’on nomme le Bertillod, une péninsule qui s’avance dans le Rhône et qui forme une multitude de petites criques de galets isolées, où l’on peut aller s’étendre, les pieds dans l’eau, le soleil sur la nuque et les yeux dans la Croix-Rousse de l’autre côté du fleuve. C’est franchement un endroit paradisiaque, qui a l’avantage d’être relativement peu fréquenté, donc très paisible. Je m’y suis étendue une partie de l’après-midi, tentant d’englober avec mes minuscules yeux toute l’étendue de la beauté de la ville, avec ses cheminées éparses, ses toits rouges, ses fenêtres aux balconnets travaillés, ses façades roses, blanches et orangées. De l’autre côté du Rhône, à une centaine de mètres en face de moi, un jeune homme s’était installé dans l’une des criques avec un ensemble de percussions qu’il frappait avec passion; grâce au cours d’eau, le rythme de ses tambours me parvenait très distinctement et contribuait à la perfection du moment…

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Pour d’autres belles photos des berges, c’est ICI (je les aime bien)

Mercredi, 20 mai 2009

Le lendemain, toujours dans mon désir de profiter encore au maximum de la ville avant mon départ (et il faut dire aussi que ma connexion a internet n’a pas fonctionné jusqu’à euh, aujourd’hui… ), j’ai enfourché un vélo’v (ces bicyclettes en libre-service qu’on peut emprunter un peu partout dans la ville) et armée d’une carte, de crème solaire (puisque les températures se maintiennent désormais autour des 30 degrés, et hélas, les lyonnais n’ont toujours pas délaissés leurs pantalons longs…) et de M. Canon, j’ai mis le cap vers l’autre côté Nord de la ville, cette fois-ci du côté de la Saône, que j’ai longé pendant plus d’une heure, en profitant pour errer un peu dans le quartier de Vaise, petite banlieue bien sympathique avec ses rues transversales et ses façades roses décrépies, avant d’atteindre le village de Saint-Rambert et la magnifique Île Barbe, où j’avais déjà été faire un saut de puce avec des amis à mon retour du village de Saint-Romain Mont d’Or et de la Maison du Chaos, vous vous rappelez?

IMG_6673(En chemin vers l’Île Barbe, vue de la Saône, mais derrière Fourvière en quelque sorte)

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L’Île Barbe était à l’origine le lieu de ralliement des druides celtes vers 700 av J.C. (oui oui!), où ils se rassemblaient pour pratiquer leurs rituels, qui tournaient, selon la légende, souvent au sacrifice humain… d’où le nom de l’île de la barbarie, qui devint avec le temps d’île Barbe. Un siècle plus tard, à l’époque gallo-romaine, l’île devint ensuite le refuge d’une poignée de chrétiens persécutés par les romains. Ils s’occupèrent alors à défricher la terre de l’île et érigèrent le premier monastère sur l’île, ce qui en fait l’un des plus vieux de toute la France. Au Moyen Âge, la communauté devint de plus en plus importante, et l’abbaye produisit même des manuscrits enluminés commandées par Charlemagne lui-même. Au fil des années, l’importance de l’abbaye fut telle qu’un village se développa à ses côtés, Saint-Rambert, qui vint malheureusement à éclipser la communauté de l’île Barbe avec le temps, les lyonnais cherchant à s’établir en dehors du centre de la ville

Aujourd’hui, l’île est un véritable paradis au milieu de la Saône, où d’immenses arbres et une multitude de rosiers font de l’ombre au promeneur qui se ballade entre les vieilles maisons en pierre construites sur les anciennes fondations des temples et autres monastères. Plusieurs des premières maisons érigées au XIe siècle ont été détruites durant la Révolution, entraînant du coup le démantèlement de la communauté, mais heureusement, la chapelle Notre-Dame-de-Grace est toujours debout, avec son pignon pointu, son cloître datant de 1070 et sa roseraie.

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Une grande partie de l’île est maintenant privée et habitée par de riches propriétaires, à mon grand dam, qui aurait bien voulu pouvoir franchir les grilles des jardins et pépier moi aussi avec les oiseaux… Je me suis contentée de m’étendre sur les grosses roches au sud de l’île, les pieds dans la Saône, la vue sur le petit port de Saint-Rambert et ses vieilles façades, un livre à la main.

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Pour les photos de l’île barbe, c’est ICI!

En soirée, Julie et moi avons décidé de célébrer la fin de ma session et notre départ imminent sur les berges du Rhône, avec une bouteille de rosé. L’ambiance était particulièrement spectaculaire, puisque chaque centimètre des berges était pris d’assaut par les lyonnais, venus comme nous, prendre un verre en regardant le soleil se coucher sur le Rhône, turquoise de chaleur et de lumière. Sur l’herbe, des gens, tous heureux, certains avec des guitares, d’autres avec des tamtam, et même un violoncelliste venus rajouter au caractère festif de la soirée. Vraiment le genre d’ambiance qu’il est impossible de décrire, qu’il faut simplement vivre pour comprendre…

J’ai mis plus de temps qu’à l’habitude pour rentrer ce soir là chez moi, les oreilles bercées par la musique des nuits sonores de Lyon (un festival de musique électronique qui battait son plein dans toute la ville), les yeux errant sur les paysages nocturnes que je m’apprête à quitter. Vraiment, ça va être un deuil très très difficile…

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Jeudi, 21 mai 2009

Le lendemain matin, après avoir avalé une nuée de crêpes arrosées de bon sirop d’érable québécois et parsemées de fraises du marché, j’ai de nouveau enfourché un vélo’v pour me rendre à l’Institut Lumière, à l’est de la ville, tout près de chez Élise et de la fac de la manu.

J’ai particulièrement aimé ma visite du Musée Lumière, sans grande surprise, étant donné mon amour de la photographie et de l’esthétique du cinéma, d’autant plus que la visite recoupait certaines données que j’avais apprise lors de mon cours de cinéma à l’université la session précédente. Or le Musée Lumière, comme son nom l’indique est n’y plus ni moins l’ancienne villa des Frères Lumières (moi je dirais davantage un château, avec ses verrières, ses lustres, ses balcons qui donnaient à l’époque une vue sur les Alpes par beau temps), en plus d’être le lieu où fut inventé le cinématographe et bien sur, là où fut tourné le tout premier film au monde…! Sympa non?

On y retrouve évidemment une quantité impressionnante de dispositifs cinématographiques allant des toutes premières caméra, dont le fameux cinématographe qui tourna le tout premier film de l’histoire, à celles plus fantaisistes de Louis Lumière, le plus reconnu des deux, qui, fait cocasse maintenant que j’habite Lyon, réinventa le gramophone moderne après avoir une promenade au parc de la Tête d’Or, où il observa que les éventails des jeunes dames produisait un son différent avec le vent. :)

Véritables génies, les deux frères ont déposés plus de 200 brevets d’inventions au cours de leur vie, touchant à presque tous les domaines : Auguste Lumière s’est penché dans les dernières années de sa vie sur l’univers médical, inventant notamment des prothèses et des procédés médicaux encore utilisés de nos jours.

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Le fameux cinématographe qui tourna le premier film de l’histoire!

Quant à Louis Lumière, on lui reconnait l’invention des autochromes, soit les toutes premières photographies couleurs, rien de moins. J’ai été complètement subjuguées devant la splendeur des plaques autochromes, restant plantée sur place à les observer pendant de longues minutes : unique au monde, chaque plaque de verre est composée de millions de grains de fécule de pomme de terre posés sur une plaque en noir et blanc. Comme l’invention du cinématographe, les autochromes ont révolutionné le monde, puisque désormais, il devenait possible de parcourir le monde en regardant simplement des images qui parvenaient à rendre l’ambiance, l’atmosphère d’un moment.Louis Lumière mit sept ans à inventer le procédé, qu’il considérait à la fin de sa vie comme son invention la plus importante et la plus révolutionnaire. D’ailleurs à ce jour, ces plaques autochromes datant de 1903 ont une qualité et un rendu des couleurs et de la lumière qui reste à ce jour inégalé… c’est dire à quel point ces photographies sont impressionnantes.

L’invention des plaques autochromes est fortement liée au mouvement impressionniste d’ailleurs, mouvement artistique qui est de loin devenu mon favoris au cours des derniers mois : comme dans la peinture pointilliste, c’est la globalité du regard qui compose l’impression de couleur et rend les reflets lumineux.

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Évidemment, c’est tellement moins puissant et moins beau qu’en vrai, où la lumière est tellement vive et à la fois diaphane…

Louis Lumière restera d’ailleurs obsédé par la couleur jusqu’à la fin de ses jours, où on raconte qu’il s’était mis en tête, dans les derniers temps de sa vie, à vouloir inventer le sel de couleur. Eh oui, le sel de couleur, puisqu’il en avait marre de ne jamais savoir quelle quanité de sel il mettait dans ses patates : « Ne serait-il pas pourtant plus simple, d’avoir un sel rose, ou bleu, pour enfin voir si nous salons trop ou trop peu notre assiette? » Ahhh! Quel homme ce Louis!

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En sortant, je me suis permise une petite folie à la boutique du Musée, soit une reproduction d’une plaque autochrome de Gabriel Veyre, l’un des protégés des Frères Lumière qu’ils envoyèrent parcourir le monde pour en ramener des images à Lyon et à Paris. Il s’agit d’un portrait tout simple et magnifique d’une femme et de son enfant prise à Marrakesh. À défaut de n’être finalement pas allée comme j’aurais tant aimé, j’aurai un peu de ses couleurs avec moi…

Anedote:

Souhaitant être polie et appropriée, je me présente à l’accueil, n’ayant vu aucune indication, et demande s’il est permis de prendre des photos, d’une voix gênée (nous étions après tout dans un musée!). Et la dame de répondre avec un grand sourire amusé, « mais bien évidemment mademoiselle, vous êtes tout de même dans la maison des pères de la photographie! »

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(L’une des premières affiches promotionnelles pour une représentation du cinématographe, avec ici, le personnage de la fée électricité, hihi!)

Vendredi, 22 mai

Le lendemain, vendredi, je suis partie de chez moi avec la ferme intention de m’égarer dans le temps et dans l’été, laissant ma montre chez moi, n’emmenant qu’un livre et une couverture. Je suis donc allée m’étendre sur les berges du Rhône, à quelques minutes de chez moi, dans le coin des escaliers aménagées et des bassins d’eau où une multitude de jeunes sautaient. Le gazon était presque tout occupé par d’autres lyonnais venus, comme moi, rêvasser sur l’herbe face au Rhône et à ses cygnes, se laissant dorer au soleil (ce qui m’a fait remarqué qu’enfin, les pantalons longs avaient disparus… il était temps!). Or, le soleil m’a joué un vilain tour en fin d’après-midi lorsque je me suis réveillée, sentant sa chaleur irradier dans ma peau. Au moment où j’écris ces lignes, je suis donc digne de m’appeler Madame Tomate, puisque j’aborde un charmant coup de soleil, qui ne s’est pas moins atténué durant la fin de semaine, puisque la grosse chaleur a perdurée les jours suivants.

Samedi, 23 mai

C’est effectivement sous une chaleur écrasante et un soleil éclatant que nous sommes allés pique-niquer, quelques amis Erasmus et moi, pour l’anniversaire de Catinca au parc de la Tête d’Or le samedi suivant.

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mes deux petites lyonnesÉlise et Julie, au parc de la Tête d’Or

La journée fut des plus agréables, et surtout très française : Catinca et Vincent sont arrivés avec leurs victuailles chargées dans un panier d’osier, des nappes rouges à carreaux dans les mains, baguettes de pain sous les bras. Nous nous sommes installés près de l’immense lac bleuté du parc, en compagnie de plusieurs bouteilles de rosé et de pastis, saucisson, fromages et salades, bref, que des merveilles pour la bouche dans un cadre aussi merveilleux pour les yeux.

Dimanche, 24 mai

Et ce monde de merveilles qui avait commencé mercredi s’est achevée hier en toute beauté, avec ma représentation de l’opéra Mort à Venise, dont je m’étais procurée des billets en janvier dernier, en même temps que ceux pour Giselle, le ballet que j’ai été voir il y a quelques semaines déjà.

J’en profite pour glisser au passage que la semaine dernière, j’avais décidé de m’extirper de mon étude le temps d’une journée puisque l’Opéra faisait portes ouvertes, invitant toute la population à visiter ses coulisses, à assister à des petits concerts gratuits et à, surtout, avoir accès à la fabuleuse salle de répétition du ballet! :)

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Pour les photos des portes ouvertes de l’Opéra, c’est ICI

Avec Julie, nous avons donc appris que l’Opéra, ce magnifique bâtiment mêlant à la fois moderne et classique, son immense dôme de verre abritant encore les stucs et colonnades du premier bâtiment de 1830, ne possède pas moins que 18 étages, dont six au sous-sol, où loge une réplique de la scène principale. Impressionnant tout de même! La visite a débuté avec un petit récital d’opéra auquel on nous a invité à prendre part et où tout le monde a joyeusement participé. On a également pu observer quelques costumes de représentations passées, et puis j’ai discrètement pirouetté sur le plancher du studio des Ballets de Lyon, magnifique avec ses millions de miroirs et ses barres horizontales donnant sur la ville…

J’ai particulièrement aimé les portes ouvertes et l’ambiance qui y était créée. On oubliait que nous étions à l’Opéra, dans un milieu habituellement réservé à la bourgeoisie ou du moins, à une certaine élite  -quoique il me semblerait difficile de défendre que je n’y appartiens pas non plus, mais bon… L’ambiance était à la fête et franchement, l’art y était présentée comme un événement accessible à tous, sans discrimination de classe sociale ou d’éducation et ça m’a franchement plu. J’y d’ailleurs appris que de nombreux spectacles ont lieu gratuitement dans l’amphithéâtre que l’été, le pourtour de l’Opéra se transforme en Café jazz, donnant ainsi l’occasion au breakdancers qui s’agitent sur les marchent du bâtiment de pratiquer à l’intérieur, au frais. J’essaie de transposer l’image : imaginez des jeunes écoutant du hiphop et dansant des break sur les marches du Palais Montcalm. Est-ce que la direction les tolérerait tous les jours, en plus de leur ouvrir les portes de leur scène et de leurs locaux l’été pour les laisser s’exprimer au frais…?

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Bref, tout cela pour dire que le dimanche donc, j’ai assisté à ma deuxième représentation à l’Opéra (encore une fois pour 6 euros, je le redis!), et cette fois-ci il s’agissait bien d’un Opéra, un vrai de vrai, genre auquel je n’avais jamais assisté, Mort à Venise, de Benjamin Britten, inspiré de la nouvelle de Thomas Mann. Si j’ai été séduite par les costumes et la certaine splendeur qui en ressortait, j’avoue m’être endormie à quelques reprises, non sans regrets.

Le rôle principal était constitué de longgggs monologues qui pouvaient parfois devenir lourds et sans la présence des neuf danseurs, je crois que je me serais avouée vaincue. J’ai bien aimé la musique, quoi que cela n’avait rien de joyeux (et ici, je parle sans compétence musicale profonde, ne connaissant pas l’oeuvre de Mahler, le compositeur), et les voix, impressionnantes, mais il manquait de mouvements, de dynamisme, auxquels je crois la danse m’a habitué. Et je crois que j’aurais davantage apprécié l’œuvre si j’avais lu d’abord la nouvelle, puisque le propos de l’opéra est avant tout une réflexion sur l’homme et ses désirs, sur sa recherche du beau. Bref, j’ai été un peu déçue, mais je demeure tout de même heureuse d’avoir pu assister à un Opéra, au moins une fois dans ma vie!

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L’architecture incroyable de l’Opéra de Lyon

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Et si tout marche bien, vous devriez voir un extrait du récital chanté lors des portes ouvertes, très mauvaisement filmé par moi! :)

Post-intermède

22 mai, 2009

Et l’intermède sera plus long que prévu, je n’ai plus accès à internet à l’appart… mais j’en profite doublement pour visiter encore plus fort! :)

Intermède

17 mai, 2009

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À propos de mon angoisse de ne jamais trouver du travail:

Ly : C’est effrayant tout de même, cette perspective de tourner en rond toute ma vie, de ne pas avoir encore trouvé comment j’aimerais occuper mon temps pour les prochaines années. Dans le sens, « trouver un emploi », tu sais, l’idéal de vie commun. Il devrait exister un bac en Rêveries, ou bien en Rêvassage, ça serait trop bien pour moi. Parfait même.

Julie : Mais ma chère, ça existe. Et ça s’appelle baccalauréat en littérature. ;-)

*****

Je ne suis pas morte, seulement en fin de session, la gorge enflée, le corps assailli par le pollen et un début d’otite qui point son nez. Je serai donc de retour quelque part dans le courant de la semaine, femme désormais libre de toute obligation scolaire! :)

Le temps qui file…!

10 mai, 2009

Ce billet a une saveur assez lyrique et introspective. J’ai décidé de le sortir de mon carnet personnel, simplement parce que le voyage en soi nous pousse inévitablement à s’ouvrir un peu sur le monde… et donc à vous, d’une certaine manière…! C’est bien non? ;-)

Parce que le temps file, parce qu’il ne faut surtout pas l’oublier, et parce que je passerai le cap des 4 mois en France dans quelques jours (déjà?) voici fin avril, dans sa splendeur verte!

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J’ai l’âme infiniment romantique ces derniers temps. Il y a longtemps que je n’ai pas ouvert de bouquin et je sens que mon écriture et que mes pensées s’en ressentent: il me semble que j’ai la tête vide, l’esprit plat, raplaplat. Et malheureusement, je dois commencer sérieusement à bosser pour la fac, puisque mes examens sont dans deux semaines à peine. En revanche, tous mes autres sens sont doublement en éveil; je sens à des kilomètres à la ronde les effluves du saucisson et le parfum sucré des pâtisseries dans les rues, mes yeux s’attardent plus longuement qu’avant devant le spectacle du coucher du soleil parsemé de flocons de pollen et mes pieds me guident désormais sans mal dans la ville, m’emmenant à mes endroits favoris sans même m’en rendre compte. C’est une sensation que j’aime bien en fait, se laisser guider par le charme de la ville, comme si elle et moi formions un tout, un couple harmonieux. :)

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Les températures chaudes aidant, j’ai maintenant pris l’habitude de délaisser plus souvent qu’autrement l’étroitesse de mon appartement pour aller lire sur les berges du Rhône ou simplement aller y flâner, en fin d’après-midi, plus particulièrement.

Il m’arrive donc souvent d’aller m’asseoir sur les remparts longeant les berges du Rhône, contemplant l’eau qui coule juste sous mes pieds, ainsi que les passants au soleil, simplement, bien, heureuse, en tentant de ne pas regarder ma montre, de ne pas penser à ce qui viendra après cette douce contemplation. Mais il y a toujours cette petite voix intérieure qui nous dit qu’il faudrait bien qu’on se bouge un peu, que la lessive nous attend, que le marché n’est pas fait, que le paysage sera encore là demain… Demain, oui…

Hélas! Quel piège ce demain. Quelle piège de croire qu’on aura toujours le temps de revenir, alors qu’on habite une ville que pour un certain temps. Qu’on peut passer plus vite, puisque toute cette beauté sera encore là demain…

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Mais non! Pardi! Il faut lutter plutôt, lutter contre cette voix qui veut sans cesse nous ramener à l’ordre, à cette efficacité américaine qui fait malheureusement partie de nous depuis toujours, pour plutôt verser dans la dolce vita européenne, dans le bonheur de sortir dans les rues pour simplement goûter au vent, admirer la beauté incroyable de la ville et profiter du moment qui passe, comme le font si bien les Français. Mais ce n’est pas toujours évident… D’autant plus qu’établir cette réflexion nous ramène immanquablement à réaliser la chance incroyable qu’on a d’être ici. Mais aussi de réaliser à quel point on est seul au bout du compte…

Et puis depuis quelques jours, je ressens une nostalgie très vive de Québec, de ses rues, de son odeur et de ses places. Cela est peut-être dû à la visite de mes parents, qui ont apportés avec eux un peu de la maison et de ses odeurs. Ou peut-être aussi puisque un ami français de Léo est entré en contact avec moi dernièrement, puisqu’il sera Erasmus à Laval en septembre prochain. Lui parler de la ville, de ses gens, de ses rues, a ravivé un paquet d’images et de souvenirs, ce qui contribue considérablement à brouiller mes repères, comme si j’avais un pied à Lyon et l’autre à Québec, dans l’attente et l’angoisse de devoir me réhabituer à un autre mode de vie, bien malgré moi, dans si peu de temps.

Bref, lutter, oui. Étrange comparaison, mais qui prend tout son sens pourtant lorsqu’on est face à ces deux modes de pensée diamétralement opposés. Or, dans mon désir de composer avec la dolce vita, j’ai décidé de passer la journée de jeudi dernier au parc de la Tête d’Or, situé à quelques minutes de chez moi à peine. J’y ai mis les pieds en compagnie de Julie, que j’avais invité à se joindre à moi, dans la chaleur d’un après-midi d’été parfait, avec ses 27 degrés celsius et son vent apaisant.

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Nous nous sommes allongées au pied des arbres, dans l’herbe parsemée de marguerites, les yeux dans notre recueil de Rimbaud et l’autre sur l’eau turquoise diaphane de l’immense lac du Parc. Les rayons du soleil qui filtraient à travers les feuilles du boisé donnait un air paradisiaque au lieu, baignant notre peau et l’herbe d’une douche lumière dorée, alors que le vent chaud soufflait dans les branches, comme dans un film (malheureusement, j’avais oublié d’apporter mon appareil photo…) Julie s’est mise à lire la poésie de Rimbaud, qui étrangement, correspondait exactement avec l’émotion que vous étions en train d’éprouver. J’avais l’impression de m’envoler tellement le moment était parfait, sublime :

Par les soirs bleus d’été, j’irai dans les sentiers,

Picoté par les blés, fouler l’herbe menue :

Rêveur, j’en sentirai la fraîcheur à mes pieds.

Je laisserai le vent baigner ma tête nue. Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :

Mais l’amour infini me montera dans l’âme,

Et j’irai loin, bien loin, comme un bohémien,

Par la nature, – heureux comme avec une femme.

- « Sensations », Arthur Rimbaud


Comble de la perfection, un jeune homme plus loin s’est assis sur l’herbe et s’est mis à gratter sa guitare, nous enveloppant d’une douce mélodie. J’étais émerveillée, encore une fois, par tant de grâce et de beauté dans un moment qui se produit probablement tous les jours, pourtant sans qu’on le sache et qu’on l’y assiste. Comme la vie peut être heureuse tout de même, lorsqu’on prend simplement le temps de la saisir…

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D’ailleurs, au marché l’autre matin, un vieil homme m’a apostrophé alors que je flânais entre les poireaux, en me disant, l’air mélancolique : « Et vous, la vie heureuse, vous en dites quoi mademoiselle? »

Je lui ai sourit et j’ai payé mes achats. En me retournant, il était parti plus loin, poser la même question à une vieille dame au coin de la rue. Ça m’a fait penser à ce personnage d’Hipolito, l’écrivain raté dans Amélie Poulain, qui se questionne à voix haute sur le sens de l’existence, l’air un peu meurtri. Les même yeux, le même accent, le même paysage. Et pourtant…!

Escapade : Des Alpes à la Provence, en passant sur le pont d’Avignon

30 avril, 2009

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Tel qu’annoncé du temps où mes publications sur ce blogue étaient plus constantes (hum hum…), toutes les universités françaises ont ce qu’on appelle les « semaines du printemps », soit deux semaines de relâche supplémentaires à celle du mois de février (où j’étais alors partie me perdre dans Londres en taxi…), durant lesquelles les étudiants ne font généralement pas ou peu de travaux et profitent simplement du système français pour profiter du printemps (qui ressemble davantage à l’été depuis quelques jours) et de la vie… C’est-tu-pas-beau-ça? :)

Or, j’ai moi aussi décidé de me gâter en entreprenant un petit tour de la France, qui m’a mené à visiter une dizaine de villes et villages en une quinzaine de jours qui m’ont fait le plus grand bien. Fidèle à mon habitude, je vous ai concocté un petit résumé de mes aventures en terre française, mais encore une fois, il y aurait TANT de choses à dire! Si vous lisez jusqu’à la fin, laissez donc un commentaire comme preuve de votre passage! ;)

Dimanche, le 5 avril

Avec ma maintenant fidèle compatriote de voyage, j’ai nommé Élise, nous mettons les voiles vers Avignon, avec pour but de parcourir le Luberon et la région du Vaucluse le temps d’une semaine, armées d’une tente, de souliers de marche, de nos sacs de randonnée et de beaucoup de volonté. Nos objectifs? Pour ma part, courir dans un champ de lavande en fleurs et prendre un million de photos des portiques des maisons de la Provence, et pour Élise, apercevoir le Mont Ventoux et manger le plus de pâtisseries possible.

Le Luberon et le Vaucluse sont des régions de la France au sud de Lyon, à mi-chemin entre ma ville et la mer. Elles sont notamment connues pour leur vin (du pays de Vaucluse) et leurs paysages marqués par le mont Ventoux propices aux randonnées pédestres dans de sublimes paysages.

Notre arrivée à Avignon se déroule comme un charme, malgré la chaleur étouffante qui nous rappelle que nous sommes beaucoup plus dans le sud. Notre emplacement de camping est situé sur l’île de la Barthelasse, l’une des plus grandes îles de France, ce qui nous donne une vue exceptionnelle sur la ville et surtout, sur le fameux pont d’Avignon, qui se nomme en vérité le pont Saint-Bénézet (beaucoup moins excitant comme nom, je vous l’accorde). Avignon me surprend agréablement; c’est une charmante ville, un peu provençale avec ses maisons blanches aux volets délabrés et ses rues étroites. Elle est ceinturée de remparts médiévaux tous très bien préservés qui donnent à la ville un air de château fort, ressemblance plus marquée encore par l’imposant Palais des papes qui trône au milieu de la ville. À la fois forteresse et château, ce dernier est le plus grand palais gothique du monde, où pendant plus de cent ans, il fut la résidence officielle du pape, de 1309 à 1418 plus exactement, au lieu de Rome, puisque la ville italienne régnait alors dans un chaos indescriptible.

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Le Palais est immense, ponctué de fresques impressionnantes, d’immenses arcs de voûte et de vitraux, ainsi que des petites portes secrètes cachées dans les enjolivures de la tapisserie qui m’ont bien fait bien sourire. Au sommet de l’une des tours de la forteresse, on accède à une vue panoramique  à couper le souffle sur la ville et sur le Rhône qui coule plus bas. Fait marquant, une fois à l’intérieur du Palais, la température descend drastiquement, la pierre du château absorbant complètement les 25 degrés celsius de l’extérieur…

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Évidemment, je n’aurais pu aller à Avignon sans aller danser sur son pont, construit selon la légende ,par Petit Benoît le berger, qui aurait reçu un appel de Dieu en 1177 pour construire le pont et à l’intérieur, une chapelle (eh oui, une chapelle sur le pont!). Le pont a longtemps été le seul passage pour mener à la mer et constituait un bon moyen de péage par le roi pour renflouer ses coffres… Tssit! Méchant roi. À l’époque d’ailleurs, le pont, fort de ses 900 mètres, enjambait tout le Rhône pour se terminer à Villeneuve lèz Avignon (et donc passait par-dessus l’île où nous campions) et contenait 22 arches… qui s’effondrèrent à la suite de crues importantes pour finalement n’en laisser que quatre… Triste n’est-ce pas?

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Peu importe, Élise et moi dansons et chantons sur le pont, magnifique sous le coucher du soleil. D’ailleurs la traditionnelle chanson Sur le pont d’Avignon, l’on y danse, l’on y danse… est historiquement incorrecte, puisqu’à l’époque, c’est sous le pont qu’avait lieu les bals dansant, et non pas sur le pont, qui lui-même était assez passant… Re-tsssit!

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De retour au camping, nous tombons comme des bûches dans nos sleepings… pour se faire réveiller à deux heures du matin par nos voisins d’emplacement qui parlent très fort en néerlandais et font claquer leurs portières de voiture sans aucune considération pour les gens autour d’eux, et encore moins notre tente, située à cinq pieds de la leur, environ. Je m’enfonce dans mes couvertures, me disant qu’ils vont bien finir par se taire, mais ils continuent de jacasser dans la tente pendant près d’une heure, sans prendre la peine de baisser le ton de leur voix. Je fulmine, tout comme toutes les tentes autour de nous qui évidemment, n’arrivent pas à dormir. On toussote, je demande même le silence, rien n’y fait. Puis, le placotage fait place à des gémissements…

Ah non.

Non, non, non. Pas ça.

Merde.

Je vous laisse imaginer la suite. Gé-ni-al. Pendant l’heure qui a suivi, ils ont dû réveiller tout le camping en entier, et toutes nos stratégies de diversion n’auront menées à rien (tousser encore plus fort, parler par-dessus leurs voix hurlements, faire sonner notre portable, chanter Sous le pont d’Avignon, etc.) Merci voisin.

Lundi, 6 avril

Hormis cette aventure, notre voyage s’est déroulé à merveille, je tiens à le dire! Après notre courte nuit de sommeil, nous mettons le cap vers les quartiers moins touristiques d’Avignon, au cœur de la ville, où l’ambiance fortement influencée par le soleil éclatant me donne le coup de foudre pour les rues étroites, les maisons délabrées aux volets bleus et rouges d’où sont suspendues des cordes à linge et des pots de fleurs colorés. Mon appareil photo s’emballe, et j’atteins sans grand mal mon objectif numéro deux.

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Nous flânons tranquillement dans les ruelles et admirons la quantité non négligeable d’églises qui se trouvent sur notre chemin, tout en grignotant des pâtisseries provençales achetées à la Cure gourmande, cette bonbonnière incroyable dont je vais certainement vous reparler! Cette promenade se termine au jardin du rocher des Doms qui surplombe la ville et qui offre un panorama magnifique sur la région, avec le Fort Saint-André plus loin, le Mont Ventoux, des plaines verdoyantes, le Rhône bleu qui coule lentement et les tours du Palais des papes qui s’élèvent devant nous.

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Mardi, 7 avril

Le lendemain matin, nous poursuivons notre itinéraire, mais dame Nature rechigne à nous redonner encore le soleil des derniers jours et moi je chigne simplement puisqu’on n’arrive pas à trouver de bus pour se rendre à Grignan ou à Gordes, villes que j’avais la ferme intention de visiter. Prises au dépourvu, nous décidons néanmoins d’aller faire un tour au petit village nommé Fontaine de Vaucluse, au sud d’Avignon, sans avoir la moindre idée de qu’est-ce qui nous attend… Soyez spontanés disions-nous! ;)

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Or le paysage pour ce rendre à Fontaine de Vaucluse est magnifique, puisque la route longe la Sorgue, cette rivière qui prend justement sa source en haut du village où nous nous rendons, d’où le nom de Fontaine de Vaucluse, alias source du pays de Vaucluse, source la plus importante en France et l’une des plus grosses du monde. En arrivant, nous sommes frappées par la beauté incongrue des lieux : un village coloré de maisons aux toits rouges entoure une rivière cristalline turquoise qui coule à flot dans des moulins. Le village est niché au cœur d’une grande muraille rocheuse haute de 300 mètres où sont creusées des grottes,  falaise dominée par… la ruine d’un château médiéval! Au pied même de la montagne, nait la source de la Sorgue, mystérieux petit lac d’eau turquoise parfaitement immobile qui semble resurgir de nulle part, et dont l’eau quelques mètres plus loin donne lieu à un torrent et à des rapides plus qu’impressionnantes… Le spectacle est surréaliste et l’eau complètement transparente aux accents de vert, de cyan et de mauve détonne d’avec le brun froid de la pierre de la falaise. Comble du comble, nous sommes à la période de l’année où la source est la plus impressionnante, puisque la forte crue des eaux du printemps a fait déborder l’eau de la fontaine sur les berges, au plus grand bonheur des spectateurs venus admirer ce coin de paradis.

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Nous partons ensuite en mini-randonnée afin d’atteindre le château en ruine du XIe siècle situé au sommet de la montagne. Chemin faisant, le temps se dégage ce qui nous offre une superbe vue sur le village, les montagnes, les oliveraies et la Sorgue (voir la photo au début de l’article). Arrivée au sommet, je réalise avec tristesse que les plants de lavande sont secs, et qu’il est donc beaucoup trop tôt dans la saison pour pouvoir apercevoir des étendues de fleurs mauves. Objectif numéro un échoué… Toutefois, Élise et moi ne pouvons résister à tentative de faire des blagues de littéraires et nous nous amusons  à reproduire la célèbre peinture sublime de Friedrich, le Wanderer, que nous avons étudié en long et en large depuis des années, et plus particulièrement dans notre cours de Sublime donné par ce cher M. Thélot.

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Que voulez-vous, on est du genre à s’amuser avec pas grand chose! ;)

Mercredi, 8 avril

Le lendemain, nous partons cette fois-ci en direction de la ville d’Arles, encore une fois sans savoir ce qui nous attend. Malheureusement, le temps reste couvert et la journée sera nuageuse, ce qui influencera pour beaucoup mon opinion de la ville… Arles est une ville assez petite, dont le centre est facile de visiter en quelques heures à peine… et qui ressemblait lors de notre visite à un gros chantier de construction, puisque la plupart des attractions de la ville étaient en réparation. Forte en histoire, Arles est célèbre pour ses arènes (qui ressemble au Colisée romain mais en beaucoup plus petit), ses thermes et son théâtre antique, mais toutes ses ruines sont payantes… ce qui a passablement contribué à écourter notre temps de visite de la ville et à me forger une opinion de Arles un peu négative; Lyon possède elle-aussi un superbe théâtre gallo-romain et un odéon auxquels l’accès est totalement gratuit. Bref, la ville me déçoit beaucoup, avec son bruit strident de réparations, son patrimoine historique payant et ses rues assombries par les nuages. img_4554

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Par contre, nous nous sommes bien amusées à noter le nombre de références à Van Gogh dans l’appellation des commerces, lui qui passa une partie de sa vie à Arles, là d’ailleurs qu’il devint progressivement fou et se coupa une oreille. C’est d’ailleurs à Arles que se situe le célèbre Café la nuit, peint par Van Gogh en 1888.

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Jeudi, 9 avril

Le lendemain, nous nous mettons en route vers Villeneuve lèz Avignon, situé de l’autre côté de l’Île de la Barthelasse, en face d’Avignon. Nous découvrons un charmant petit village et marchons jusqu’au Fort Saint-André, qui nous offre une superbe vue sur Avignon et les environs, mais la brume nous empêche de bien discerner les montagnes à l’horizon et le Mont Ventoux demeure plus au moins perceptible, au grand désespoir d’Élise qui nommera par la suite son plant de thym acheté au marché Ventoux pour se consoler…Hihi!

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Toutefois, nous tombons avec joie sur le chemin du retour sur un marché provençal au cœur du village, avec ses paniers d’olives, de tomates séchées, de fraises et de navettes marseillaises. Je remarque avec plaisir que les marchés de Provence proposent des produits différents qu’à ceux de Lyon et que, surtout, les prix sont nettement moins chers! Vive le Sud!

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Les photos de ce premier voyage sont disponibles si vous cliquez ICI!

Samedi, 11 avril

De retour de mon séjour à Avignon, j’ai à peine le temps de défaire mes valises avant la visite de mes parents pour la fête de Pâques. En leur compagnie, j’ai joyeusement refoulé les rues du Vieux Lyon et découvert de nouvelles traboules, fouiné dans la Croix-Rousse, humé les odeurs de la Presqu’île, salivé une fois de plus au marché et escaladé Fourvière, le temps de deux jours qui nous ont paru bien courts tellement j’avais de choses à leur montrer et à leur faire découvrir. C’est avec plaisir que j’ai combiné mes deux univers, celui de Lyon et celui de Québec le temps d’une fin de semaine, les deux se mariant plutôt bien en fin de compte, malgré mes appréhensions devant l’idée de fusionner deux modes de vie complètement différents.

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Être leur guide et arriver à faire naître sur leurs visages des sourires et des exclamations de stupéfaction m’a particulièrement enchanté, me montrant que mes connaissances de la ville sont maintenant considérables. Et puis, revoir les rues et les panoramas tant observés depuis les trois derniers mois devenus verts de feuilles et roses de fleurs durant mon voyage dans le Luberon m’a moi aussi émerveillée : les rues sont tout simplement exquises lorsque recouvertes des fleurs des cerisiers et de l’ombre des immenses platanes maintenant couverts de jolies feuilles vertes.

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Mardi, 14 avril

J’ai profité de la semaine de vacances suivante qui s’amorçait pour me joindre à la suite de leur voyage en France, puisque ceux-ci avaient loué une voiture. Nous avons donc entrepris de visiter les petites villes et villages de la Savoie et de la Haute-Savoie, avant que je ne les quitte afin de poursuivre mes vacances en Provence chez des amis.

La Savoie et la Haute-Savoie sont deux départements à l’est de la France, à quelques heures à peine de Lyon, à la frontière avec la Suisse, où les paysages sont tous marqués par la présence, grandiose et sublime, des Alpes. J’ai d’ailleurs eu un véritable coup de foudre pour ces paysages montagnards hors du commun et jusqu’à ce jour, les villages nichés dans les hauteurs des Alpes demeurent certainement mes préférés.

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Nous nous mettons en route avec pour objectif d’atteindre Annecy dans le courant de l’avant-midi, ville au pied des Alpes. Mais comme le paysage qui s’offre à nous nous subjugue, nous zigzaguons allègrement en dehors de la route et nous arrêtons à Aix-les-bains, où je découvre le Lac Bourget, plus grand lac naturel de France avec son eau cristalline merveilleuse, avant de faire une halte à la paradisiaque Abbaye de Hautecombe, perdue dans la montagne le long du lac, dans une péninsule qui se sépare du mont les Dents du Chat. L’abbaye étant fermée le mardi, nous ne pouvons pas malheureusement la visiter, mais le paysage dans lequel elle siège est à couper le souffle…

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C’est avec regret que nous reprenons la route, passant dans des tunnels creusés à même les montagnes, empruntant des routes entre deux falaises dans une gorge aux parois tellement proches que je pourrais presque les toucher et surtout, faisons une halte complètement impromptue dans une fromagerie située le long du chemin, où le fromager nous invite à venir choisir notre délicieux crottin de chèvre à même les grilles de la fabrique. L’homme a le sourire facile et l’accent du Sud sur les lèvres et c’est trop beau pour être vrai; le fromage fond dans la bouche tandis que nous voguons dans des paysages à couper le souffle…

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J’ai incroyablement apprécié la liberté qu’offre la voiture comme moyen de transport en voyage, moi qui avait jusqu’alors qu’emprunté le train. Évidemment, la voiture offre aussi ses inconvénients (difficulté de trouver un stationnement dans les grosses villes ou simplement de circuler), mais elle permet vraiment de bien admirer le paysage et de s’arrêter dès qu’un panorama exceptionnel se dresse devant nous, ce qui est plutôt difficile de faire avec le TGV… ;)

Mercredi, 15 avril

Le lendemain, nous découvrons la magnifique ville d’Annecy, surnommée la Venise des Alpes en raison de son canal qui coule en plein cœur de la vieille ville. Annecy est adossée au pied des Alpes, autour d’un lac à l’eau bleue irréelle aux multiples petits bateaux amarrés à son port. Des ponts permettent de magnifiques points de vue sur les façades multicolores et l’odeur du reblochon envahit les rues. Puisque je commence à manquer d’originalité dans mes superlatifs, faisons le plein de photos…

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Après une promenade dans la vieille ville, nous reprenons la route en direction de Grenoble, qui s’avère rapidement impraticable en voiture et au premier abord, très peu jolie; c’est un cœur économique et industriel important de la France, à l’allure très moderne qui détonne complètement d’avec les petits villages que nous souhaitons visiter. Bredouilles, nous reprenons rapidement la route, en délaissant l’autoroute pour suivre ce qu’on appelle, « la route de Napoléon », soit une route nationale traversant une horde de petits villages, route qu’empruntant Napoléon à son retour de l’île d’Elbe, au début des Cent-Jours. Fait cocasse, en lisant sur la route en question dans les guides touristiques, une illustration accompagnait le texte descriptif, illustration qui n’était nulle autre que le fameux portrait équestre de Napoléon franchissant les Alpes par David, portrait que je venais tout juste d’étudier lors de mon cours d’histoire de l’art la semaine précédente…

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Ici ce n’est pas le portrait, mais bien une sculpture représentant la venue de Napoléon à Laffrey. En arrière-plan, les Alpes, dans toute leur splendeur.

Nous traversons une cordée de petits villages tous plus magnifiques les uns que les autres avec leurs maisons tassées les unes contre les autres, puis la route commence dangereusement à monter dans les montagnes, de manière qu’à un certain moment, les Alpes nous apparaissent maintenant de toutes parts autour de nous, majestueuses, avec leur pics enneigés d’un blanc éclatant qui ébloui le regard. C’est un spectacle magnifique : des rayons de soleil percent le ciel, le sommet des Alpes est complètement ensoleillé, puisque au-dessus des nuages, des villages nichent au creux des vallées formées par les rocs pierreux et moi j’ai des frissons partout!

les-alpesÀ droite de la voiture, ce que on ne voit pas, une vallée avec des villages…

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Jeudi, 16 avril

Le lendemain, nous mettons le cap vers Sisteron, avec sa citadelle visible à des kilomètres au loin et son plus beau point de vue de toute la Haute Provence. C’est une petite cité médiévale que nous parcourons à pied, mais à mon humble avis, elle ne surpasse ni n’égale en rien la beauté charmante de celle de Pérouges, visitée le mois dernier. Les maisons sont d’architecture plutôt modernes et la ville n’a gardé de médiéval que son château et quelques passages couverts en pierre, bien malheureusement.

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Pont qui rappelle les aqueducs sur la route vers Sisteron.

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Le village de Volonne

Le mauvais temps perdure et nous mine un peu la vue du haut de la montagne où est perché le château, mais une brume blanche très basse est suspendue à la base des Alpes, ce qui donne lieu à une image quasi-mystique, digne d’une carte postale. Nous passons la journée à rouler davantage dans les montagnes, marchons dans Volonne, admirons les Pénitences des Mées, sommes ébahis par la chapelle de Castellane et goûtons à des spécialités de la région à Gap, des ravioles et des oreilles d’âne.

Puis, recommence à mon grand plaisir notre ascension dans les montagnes afin de passer par les célèbres Gorges du Verdon, véritable Grand Canyon européen, qui à lui seul, doit m’avoir donné une panoplie de coups dans la poitrine et un nombre incalculable de frissons. Imaginez : la route emprunte un chemin situé à la frontière d’un ravin d’une profondeur qui culmine jusqu’à 900 mètres, sinueuse à s’en tordre le cou, sans garde-fou, et souvent creusée à même la montagne pour permettre le passage des voitures. Tout autour, rien d’autre que la nature majestueuse des Alpes et en bas, le Verdon qui coule sans fin.

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L’ascension se poursuit et nous peinons à croire tout ce que nous voyons tellement c’est une vision surréelle. On s’arrête un instant sur le bord du chemin. J’ai les boucles qui claquent au vent, le sourire fendu jusqu’aux lunettes et le cœur sur le point d’exploser. Puis me vient sur les lèvres cette phrase maintes fois répétées par M. Thélot, mon professeur de mon cours sur le Sublime : « Le Sublime, cette terreur délicieuse qui s’empare de l’Homme face à une Nature incontrôlable ». M. Thélot nous avait bien expliqué que le terme « Sublime » n’est pas à utiliser à toutes les sauces et que cette sensation ne survient très rarement au cœur de l’homme. Or, à être debout sur le bord d’un ravin, des centaines de mètres de vide sous les pieds, entourée d’immenses montagnes dont le sommet est diffus dans la brume et les nuages, l’horizon si vaste que je n’arrive pas à en saisir la fin, j’expérimente sans contredit le Sublime, heureuse et terrifiée par tant de grandeur et de force, petite tête d’épingle dans un océan de rocs et de neige.

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Le chemin se poursuit jusqu’à ce que nous atteignons un belvédère nommé « le point Sublime », ce qui, évidemment, me fait bien sourire puisque cela confirme et rejoint exactement ce dont je vous ait parlé plus haut. Le belvédère est en fait un plateau rocheux situé en plein cœur des gorges (comme si en plein milieu d’un trou du grand canyon, vous auriez une plateforme qui vous donne une vue de 360 degrés sur le panorama tout autour).

Puis nous décidons d’emprunter « La route des Crètes », route qui surplombe le canyon et qui promet une expérience unique au monde, selon notre guide touristique… Et ça oui! Je pourrais enchaîner une énumération de superlatifs pour tenter de décrire la sensation que j’ai éprouvé, mais sachez simplement que lorsque vous dépassez la hauteur des nuages qui vous transpercent de leur humidité, que lorsque vous atteignez l’altitude de 1285 mètres sans rambarde sur votre route et sans rencontrer âme qui vive pour vous retrouver au quasi sommet d’une montagne avec une vue sur les pics des Alpes tout autour et les gorges creusées au-dessous de vous, l’expérience est en effet, assez incroyable! À ce stade, je suis frigorifiée, car la température atteint le 2 degrés Celsius, il tombe du ciel de gros grêlons et le sol est maintenant couvert de neige… Notez qu’à la base des montagnes il devait faire 25 degrés ce matin…

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Évidemment, la photo ne traduit pas d’un centième la magie des lieux, et j’ai bien failli m’abstenir d’en prendre, mais bon… j’ai entendu la voix d’une certaine Amélie Fréchette dans ma tête! ;)

Nous reprenons la route à contrecœur, suivant un chemin tellement sinueux et tortueux que je dois m’accrocher aux poignées du plafond pour garder l’équilibre, mais qui finit par nous faire perdre un peu d’altitude jusqu’au village de Moustiers-Sainte-Marie, niché dans une montagne, classé comme l’un des plus beaux villages de France.

Vendredi, 17 avril au matin

Le village de Moustiers-Sainte-Marie est effectivement particulièrement charmant, puisque minuscule et à la fois très animé. Le lendemain matin, je me promène tranquillement dans les rues, prends quelques photos et admire la vue de la cascade d’eau qui se déverse en plein cœur du village et de la chapelle qui culmine en haut de la montagne. Les rues sont très paisibles, le silence étant brisé que par les discussions des vieilles dames revenant du marché, s’informant sur la santé l’une de l’autre avec leurs accents du Sud.

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Je fais à mon tour rapidement le tour du marché, placote avec la boulangère et me laisse tenter par des étoiles de Moustiers, un sablé au beurre à la lavande typique du village, ainsi qu’une poignée de croquants aux noisettes, avant de reprendre la route jusqu’à Aix-en-Provence, en croisant encore des petits villages et des champs de moutarde d’un jaune éclatant.

Les photos des Alpes et d’Annecy sont disponibles si vous cliquez ICI!

Vendredi, 17 avril, après-midi

C’est en effet avec bonheur que j’ai rejoint Alex et Sylvie-Anne à Aix-en-Provence pour la fin de semaine, deux amis québécois qui étaient déjà venus me rendre visite à Lyon précédemment. J’y ai mis les pieds dans la chaleur incroyable de la Provence en ce début d’après-midi, passant de la neige des montagnes au soleil éclatant du Sud en moins d’une journée, ce qui me semble tout à fait incroyable. Hein? :)

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En leur compagnie, j’ai droit à une visite guidée du vieux Aix, qui me beaucoup fait penser à Avignon, quoique les maisons soient davantage peintes avec des teintes de jaune et d’orangé, ce qui rend la ville particulièrement chaleureuse. J’ai d’ailleurs été marquée par la générosité et l’accueil des Aixois, toujours enclins à amorcer une conversation ou à s’intéresser à notre périple. La ville est en elle-même très très dynamique et fourmille de piétons venus flâner dans les rues et profiter des multiples fontaines d’Aix — la ville est contient plus d’une centaine, ce qui contribue évidemment à faire de la fontaine le symbole de Aix. Je prends évidemment un million de photos des lampadaires et des volets déglingués des maisons du sud… c’est siiiiii beau! ;)

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Au hasard d’une promenade, en empruntant une série de petites ruelles tranquilles, nous tombons sur l’enseigne d’un charmant salon de thé, où une table basse et des coussins semblent nous attendre. Nous terminons donc la journée autour de nos théières, heureux simplement d’être ensemble, apaisés, pour ma part songeant au fait qu’il ne me reste que quelques mois à peine en Europe…

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Samedi, 18 avril

Le lendemain, Alex et Sylvie-Anne me proposent de passer la journée à Marseille, troisième plus grosse ville de France (après Lyon, hehe), qui est à quelques minutes à peine d’Aix-en-Provence, sur le bord de la merveilleuse Méditerranée.

marseilles-25Encore une fois, je me dois de souligner l’incroyable diversité de la France et de ses paysages, qui m’ont permis de passer en l’espace de deux jours, des Alpes à la mer méditerranée… Quand même! :)


Marseille, étalée au pied d’un mont, pour se terminer dans la mer méditerranée, est une ville aux premiers abords assez déstabilisante, de par cette mosaïque de couleurs, de genres, de cultures et d’odeurs. Carrefour sur le monde, depuis longtemps surnommée la « Casablanca de l’Europe » étant donné sa proximité avec le Maroc, Marseille surprend et charme. L’architecture résolument moderne des buildings en verre côtoie de gigantesques cathédrales au style bizantin, alors que les rues transversales méditerranéennes alternent avec les chantiers de construction situés le long de la mer. Son magnifique port et ses centaines de petits bateaux colorés donnent une ambiance villageoise à la ville, alors que quelques rues plus loin, des jeunes marseillais se promènent avec leur voiture modifiée et que le marché arabe bat son plein au pied d’un terminal d’autobus, lui-même situé… autour d’un arc de triomphe…

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Pourquoi tant d’antennes satellites? Pour capter les chaînes de télévision arabes… :)

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J’ai beaucoup aimé Marseille, du peu que j’en ai vu, blanche et bleue, avec ses maisons éclaircies à la chaux et la mer étincelante se mêlant au ciel. Si je dis du peu que j’en ai vu, c’est que nous avions choisi de passer la journée au Château d’If, situé sur l’une des îles en face de la ville. Du coup, je n’ai pas vraiment eu le temps de visiter les attraits majeurs et je compte donc y retourner d’ici quelques semaines pour tenter de mieux la comprendre.

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Avant de prendre la mer, nous nous sommes offerts une balade dans le quartier du Panier, l’un des plus vieux quartiers de Marseille, bombardé pendant la deuxième guerre mondiale.

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marseilles-83(Je n’ai jamais compris ce que faisait ce soulier sur le bord de la fenêtre… :-)

En sortant du quartier du Panier, nous nous dirigeons vers la magnifique cathédrale de la Major (l’on pourrait presque la qualifier de sublime! ;), avec laquelle je tombe en amour. Instantané. Paf.

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D’un style romano-byzantin, elle démontre une certaine influence orientale et ses dimension, tenez-vous bien, sont comparables à la basilique Saint-Pierre de Rome… Avec sa sixième plus grande coupole au monde et ses mosaïques multicolores à l’intérieur, elle fait assez d’effet pour se sentir tout, tout petit… Fait incongru, elle est située au bout de la ville, au bout du port, dans un bout bref, un peu perdue, ce qui contribue à lui donner un charme mystique hors du commun. D’ailleurs, une discussion avec Alex a ce propos m’a longuement fait réfléchir la notion de la beauté, puisque ce dernier me disait avec raison que sur certains points, « Marseille est tellement laide et étrange, qu’elle en devient belle »…

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L’heure de notre bateau approchant, nous retournons vers le port, où un bateau nous mène sur la méditerranée vers le Château d’If, situé sur une île en plein devant la ville, d’un point de vue géographique.

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Si le Château d’If vous dit quelque chose, eh bien, bravo, vous connaissez bien vos classiques littéraires! ;) C’est en fait le célèbre château dans lequel le Comte de Mont-Cristo a été enfermé, dans le livre du même nom, d’Alexandre Dumas de 1845. Si le nom de Monte-Cristo vous dit aussi quelque chose, mais puisque vous avez plutôt vu le film avec Depardieu, je vous pardonne, puisque 23 films sont nés à la suite de la parution du livre, ce qui est tout de même assez impressionnant…

Célèbre pour être le seul prisonnier qui se soit évadé du Château d’If, Edmond Dantès, personnage central du roman de Dumas creuse un trou entre deux cellules avant d’être jeté à la mer dans un sac. J’ai d’ailleurs vu le fameux trou —qui n’a jamais existé dans la vrai vie, puisque tout cela n’est que fiction, n’est-ce pas— puisqu’il a été creusé par un réalisateur sans scrupules il y a quelques années, alors que le château était déjà classé monument historique depuis 1926… Tssssit.

marseilles-120Malheureusement, je n’ai pas de photo de l’île au complet puisque c’était assez difficile de prendre une photo de l’île sur un bateau qui tangue, mais cliquez ici pour avoir une idée.

D’un point de vue historique, le Château d’If construit en 1524, était en fait une forteresse chargée de protéger la ville de Marseille de toute invasion, à l’époque elle-même chargée d’assurer sa protection. La situation géographique du château et son architecture en faisait également une prison idéale d’où il semblait impossible de s’échapper. Cela permettait aussi d’occuper le château, qui, par sa force de dissuasion, ne fut d’ailleurs jamais attaqué…

Ce qui reste désormais ce sont des cellules vides, mais tout de même troublantes, puisque très bien conservées avec leurs grillages rongés et élimés, et leurs traces de doigts dans la pierre… De l’île, on a un superbe panorama sur Marseille et les îles aux alentours, et sur la mer bleue-turquoise voguent une panoplie de petits voiliers et de planches à voile, contribuant à rendre le tout assez paradisiaque merci.

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Nous reprenons la mer et avons à peine le temps de remettre les pieds dans la ville lorsqu’une pluie torrentielle s’abat sur nous. C’est la joie. En sandales, jupes et t-shirts, nous sommes détrempés en moins de deux et la pluie fait rage, prenant tout le monde au dépourvu. Nous courons vers l’arrêt de bus, qui prendra plus de quinze minutes à arriver, nous donnant du coup un aller simple vers le Pays de la Grippe. Une fois à bord du bus, Alex lance un sonore « Tabarnac! », qui parvient aux oreilles d’une passagère qui lui répond « Tabarnac tu dis, criss! » avec un sourire… Et puis deux secondes plus tard, une autre fille nous regarde avec sympathie en nous disant « Hein, y mouille à sciot! »… :) Le monde est petit!marseilles-156

(L’une des trois îles dans le baie de Marseille, vue du Château d’If.)

Pour voir les photos d’Aix-en-Provence et de Marseille, cliquez ICI!

Anecdote :

Mon aller simple vers le Pays de la Grippe prend des allures de croisière lorsque nous arrivons à la cité universitaire où Alex et Sylvie-Anne logent et où je suis hébergée pour la fin de semaine. Souhaitant nous jeter dans une douche brûlante tout habillés au plus vite (au point où sont les choses…), nous réalisons qu’il n’y a plus d’eau chaude et que l’eau est glacée…! Misère de résidences universitaires…

Dimanche, 19 avril

Le lendemain, Sylvie-Anne et moi faisons une dernière ballade dans Aix-en-Provence, humons les odeurs du marché et je fais un dernier adieu aux fontaines avant d’aller prendre le TGV qui me ramènera à Lyon, épuisée, grippée, mais ô combien contente de ces deux semaines riches en émotions! Les photos de tout ce beau voyage sont disponibles sur Picasa, là où il est également possible de faire des commentaires.

marseilles-114(Vue de Marseille depuis la Méditerranée!)

Sur ce, je vais renouer avec Lyon! :) Et oui oui, je tacherai de ne plus mettre deux semaines avant de réécrire!

En boni :

Prise de pitié devant l’état de santé catastrophique de Jokkmokk la Fougère (j’ai honte de la prendre en photo pour vous la montrer), ma maman m’a offert un plant de basilic acheté au marché, tout feuillu et plein de vigueur, que j’ai nommé Bertrand Le Basilic. Évidemment, je ne surprendrai personne si je vous dis que je ne peux me retenir de penser au Basilic dans Harry Potter…!

Escapade européenne : Meximieux et Pérouges!

4 avril, 2009

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En fin de semaine dernière, j’ai pris le petit train de banlieue, toujours en la compagnie délicieuse de Julie et Élise, pour me rendre à Pérouges, village médiéval extrêmement bien préservé situé à une trentaine de minutes de Lyon. Avec ses rues pavées et sa muraille en pierre, la ville fait office de petit paradis fortifié, au cœur des plaines de l’Ain et de ses moutons tranquilles, ô combien attendrissants. :)

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Pour se rendre à Pérouges, nous avons également traversé le petit village de Meximieux, fort sympathique également, avec ses petites boulangeries et ses maisons colorées de petit village. Puis après quelques minutes de marche, pouf! Nous voilà plongées dans un décor idyllique de campagne, moutons, coqs et plaines verdoyantes à l’horizon, petites fermettes ou maisons coquettes. De quoi exalter mon esprit romantique et me donner envie de gambader comme dans la Mélodie du bonheur! Pérouges s’est montré à nous complètement désert (faut dire que nous étions parties très tôt!) et ça a eu l’avantage de nous permettre de faire un premier tour sans le murmure des touristes autour. Puis nous avons passé le restant de la journée à déambuler dans les rues, admirant l’architecture et les ruines datant du XIIIe siècle, tout en mangeant la fameuse galette de Pérouges, cette galette recouverte de sucre et dont l’odeur emplit toute la ville au petit matin. La journée a été un peu surréaliste en elle-même, puisque avoir la chance de marcher dans un monde aussi vieux nous donnais l’impression d’arriver carrément ailleurs… de vivre dans un film, littéralement.

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C’est une impression qui m’arrive très fréquemment par ailleurs, celle vivre dans un film, odeur et musique en plus. Jeudi dernier, par exemple, avait lieu une fête chez Giulia, qui habite dans le magnifique Vieux Lyon. Or, à un certain moment de la soirée, nous sommes sortis dans la rue, afin de se rendre à un bar quelconque, mais la surprise qui nous attendait dans le Vieux Lyon nous a dissuadé de quitter le Vieux Lyon : les rues étaient envahies d’étudiants costumés, faisant la fête et jouant de la musique, criant des slogans à tue-tête ou dansant des rondes. Grâce aux explications d’un ami français, j’ai pu comprendre qu’il s’agissait du rendez-vous annuel de toutes les facultés de sciences politiques de la France, réunies pour se livrer d’amicales luttes durant quelques jours, un peu comme existent les (matière)games à Québec. Par contre, ici, ça prend vraiment une ampleur considérable, chaque université se liant avec une autre voisine, pour en railler une autre (généralement, tout le monde finit par s’allier et cracher sur Paris… ;)

Mais ce n’était pas le chaos qui régnait qui était exceptionnel, mais bien l’ambiance typiquement française qui en découlait : les rues de la Renaissance du Vieux Lyon, avec ses sols pavés et ses vieilles enseignes, les lampadaires courbés jetaient une lumière diaphane sur les passants qui riaient, chantaient, dansaient en allumant leur briquet pour éclairer leurs visages alors que des amoureux habillés en noir et rouge s’embrassaient au coin d’une rue… J’étais au centre de la foule, ébahie par ce surréalisme qui en faisait une scène de film tout à fait parfaite, d’autant plus qu’un jeune homme s’est installé au coin d’une boulangerie pour jouer la magnifique valse d’Amélie de Yann Tiersen à l’accordéon, bouteille de vin de la région à ses pieds… Difficile de faire plus Français que ça comme atmosphère…!

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Et puis mon émerveillement s’est continué aussi cette semaine, lors de la représentation du ballet Giselle, ballet romantique par excellence, dont je vous avais déjà mentionné avoir acheté un billet pour la modique somme de 7 euros. La représentation avait lieu au magnifique Opéra de Lyon, illuminé de toutes part dans le ciel d’été de la ville, qui, avec sa grande salle à l’italienne décorée de velours rouge, m’a grandement impressionnée. Le ballet en soi, m’a, évidemment, tout simplement ravi. Il s’agissait d’une relecture moderne de la chorégraphie originale de 1841 par Mats Ek, ce fameux chorégraphe contemporain, et le résultat est tout à fait harmonieux. Arabesques et pas de deux classique cohabitait avec les mouvements saccadés et restreints de la danse contemporaine, rendant le ballet plus intense encore, parce que les danseurs maîtrisant à la perfection les deux styles. Les lignes de la première danseuses étaient magnifiques, parfaitement exécutées, et l’ensemble de la troupe, en général, assez en symbiose pour faire oublier les quelques faux pas. Ce fut véritablement une soirée mémorable, qui me donna une envie irrépressible de virevolter en rentrant chez moi, valsant sur le pont sous le regard un peu étonné des passants (quoique j’ai croisé un jeune couple valser eux-aussi non loin de l’Opéra… C’est dire comment la danse est une expérience charismatique.) Pour ceux et celles que ça intéresserait (lire : emmanuelle!), j’ai trouvé un extrait sur l’Ami youtube d’une représentation jouée en Espagne (elle est nettement moins bonne que celle dansée par le Ballet de Lyon), ici.

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Les photos de Pérouges sont par ici (évidemment, ça vaut plus que la peine d’aller jeter un oeil, c’était siiii beau!)

Je ne serai pas beaucoup dans les parages d’ici les deux prochaines semaines, pour la simple et très excellente raison que je suis (encore!) en vacances! Eh oui, l’université fait relâche pour deux semaines (ce que les étudiants français appellent les semaines du printemps, rien à voir avec notre semaine de lecture québécoise surchargée de travaux!), ce qui me laisse près de la totalité du mois d’avril pour aller me promener autour de lyon et profiter du soleil de la Provence (ce qui veut dire encore plus de photos et de récits à vous raconter à mon retour!). Dès dimanche, je serai donc en train de danser sur le pont d’Avignon (hihi!), puis je pars avec Élise camper en Provence et faire de la randonnée dans les magnifiques paysages de Gordes, Grignan et Gigondas jusqu’à jeudi. Sur ce, je vais préparer ma crème solaire! ;-)

Bonne fin de session! (gnak gnak gnak!)

Au pays de Sarko

2 avril, 2009

Aujourd’hui avait lieu une manifestation contre la réforme et le nouveau statut des enseignements chercheurs, manifestation qui s’inscrit dans le mouvement de grève générale qui affecte encore l’Université de Lyon II et de Lyon II (sciences politiques, musique, sciences sociales, psychologie, anthropologie, etc. Inutile de dire que Lyon III, dont je fais partie, regroupe la fac de droit, alors on n’est plus en grève depuis belle lurette…!) et dont j’avais déjà abordé ici.

Malgré le fait que nous ne sommes pas étudiantes françaises, malgré le fait que les cours ont repris à Lyon III, malgré le fait que je ne connaitrai jamais la réforme française, malgré le fait que j’avais une pile de lectures à faire, Julie et moi avons décidé s’y participer et de se mêler à la foule qui scandait, puisqu’il est vrai que la réforme de Sarko et de la ministre Pécresse est tout à fait insensée.

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Or, la manif, qui partait de Place des Terreaux devant l’Hôtel de ville, pour se terminer à la Préfecture (à deux pas de chez moi), a rapidement pris une dimension assez impressionnante, bloquant de nombreuses rues (et au passage une voiture qui s’est vu prise en plein milieu du cortège, incapable d’avancer, les manifestants l’empêchant de passer) et interrompant le service du tram. Ce qui a été sympa par contre, c’est de voir enfin des Lyonnais s’exprimer, habillés avec autre chose que du noir et des sacs Longchamp ou évitant de courir pour ne pas froisser leur tailleur. Étudiants étrangers, vieux et jeunes hippies, membres du PCF (Parti communiste de France), lyonnais sur leur heure de dîner, jeunes enfants abordant des pancartes, tous joyeusement mélangés. On aime ça.

Et pour se mettre dans l’ambiance :

« Sarkooo, si tu savaiiis, ta réforme, ta réformee.

Sarkooo, si tu savaiiis, ta réforme où j’me l’a mets! »

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« Au clair de la lune, mon petit sarko,

Prête moi ta plume, pour m’en faire un plumeau

La recherche est morte, je suis dans la rue… »

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Tous les moyens sont bons pour faire du bruit! On a regretté de pas avoir de trompettes du carnaval…

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Sur l’air bien connu d’Aznavour:

« Emmeeeenez-moi, au bac professionnel

Emmenez-moi au pays des merveilles

Il me sembleeee que la misèreee,

Serait de rester sans rien faire! »

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Et sur sa pancarte : « Shakespeare est dangereux. » :)

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Ou encore : « Casse-toi pauvre con! » (En référence à cette phrase célèbre de Petit Sarko dite à un citoyen qui avait refusé de lui serrer la main. )

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Mais mon préféré reste:

« Lyon I,  Lyon II, Lyon III. Sar-ko? Zéro! »

img_37911Je sais pas pour vous, mais moi, avec leur petits chapeaux Ashton et leurs jambières à la Star Trek, ils perdent toute crédibilité! :)

D’autres photos sont disponibles ici, comme vous vous en doutiez! Et pour se faire plaisir, Petit Sarko dans toute sa splendeur :

Escapade : Saint-Romain Mont d’Or

29 mars, 2009

Il y a de cela quelques semaines (je sais, j’ai du retard dans mes escapades), je me suis rendue en compagnie d’amis Erasmus à Saint-Romain Mont-d’Or, une petite commune au Nord de Lyon située à flanc de colline. Sur un coup de tête, j’ai joyeusement sauté dans la voiture de Léo, sans vraiment savoir où s’en allait, me disait simplement que ma vaisselle pouvait bien attendre, quand la température frôle les 25 degrés et lorsqu’on nous offre une balade en voiture avec des amis qui connaissent la région. Soyez spontanés et l’extraordinaire viendra à vous, disions-nous! ;-)

Or, après avoir longé la Saône, contourné la magnifique Île Barbe, puis erré un peu dans les champs lyonnais éclairés par les rayons du soleil en fin d’après-midi, nous nous sommes arrêtés au cœur du village de Saint-Romain, pour visiter La demeure du Chaos, une ancienne demeure datant du XIIIe siècle, maintenant totalement transformée par Thierry Ehrmann, homme d’affaire milliardaire et plasticien, dans le but d’en faire une œuvre d’art contemporaine unique en son genre…

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Et pour être unique, ça l’est! Sur un vaste terrain s’étend une panoplies d’œuvres d’art contemporaines exprimant chacune à leur manière le chaos et l’absurdité du monde moderne : hélicoptère écrasée au sol, tanks calcinés, ferraille de voitures peintes, conteneur à déchets transformés en fresques artistiques, coque de bateau rouillée, citations en graffiti absolument partout, vestiges de météorites, poutrelles de béton tordues, bunker repêché en mer, c’est un dépotoir à ciel ouvert qui s’exprime et à travers lui, le désordre de l’Homme. Sur les murs, des signes ésotériques côtoient les portraits de Oussama Ben Laden qui siège à côté de Gandhi, Fidel Castro ou le Dalaï Lama, sur fond noir ou rouge sang. En plein milieu du terrain, un bassin d’eau rougeâtre rappelle un bain de sang et y gisent bidons d’essence et débris quelconques.

Pour une vue aérienne d’un petite partie de la Demeure, cliquez ici (allez, cliquez!)

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En pénétrant dans l’enceinte de la demeure, j’ai été d’emblée particulièrement surprise devant l’abondance de ferrailles et le fouilli qui règnait (un vrai bordel, mais un beau bordel!) et j’avoue que j’ai du prendre une bonne dizaine minutes avant que mes yeux acceptent de regarder les choses autrement et donc, de laisser tomber ma perception habituelle de la carcasse calcinée d’une voiture projetée dans le sable pour en voir une tentative de « déconstruction » artistique. Aussi bien le dire, faut avoir l’esprit plutôt ouvert… (et éviter d’y emmener ses enfants. J’ai croisé un petit bonhomme haut comme trois pommes qui regardait avec effroi la représentation de la guerre en Irak, exprimée par la carcasse béante d’un tank brûlé laissant dépasser un bras humain ensanglanté… Il m’a regardé sans comprendre, les yeux ronds et empreints de frayeur…)

Le site se veut une création collective, initiée par Thierry Ehrmann, mais qui regroupe plus de 3000 œuvres réalisées par 70 artistes, dont Ben, dont vous reconnaitrez peut-être la signature sur les photos. Elle se veut une représentation des scènes médiatisées de catastrophes et d’événements d’actualités chaotiques, comme les événements du 11 septembre 2001 (qui sont à l’origine de la création de l’œuvre), les guerres en Afghanistan ou en Irak ou les combats en Palestine, par exemple. Sa conception s’apparente beaucoup à celui de la Factory de Warhol,  du fait que le lieu est en perpétuelle création.

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Évidemment, ce genre de création à ciel ouvert, qui ne respecte en aucun cas le règlement d’urbanisme de la ville et s’harmonise encore moins avec l’architecture classée de Saint-Romain, excède les citoyens au plus haut point et s’attire les foudres du maire, qui et je cite, « ne peut pas tolérer qu’on impose (ce spectacle) à la vue des gens ». De son côté, Ehrmann se défend plutôt bien en évoquant le fait qu’ «une oeuvre d’art qui ne dérange pas n’en est pas une », ce avec quoi je suis assez en accord : Duchamp et Malevitch, par exemple, ont fait scandale à leur époque lors de l’exposition de leur oeuvres et pourtant, ils ont contribué à la définition de l’art moderne (pour ceux qui ignorent qui est Marcel Duchamp, je suggère fortement une recherche Google :)

img_2922(« Il faut en moyenne un siècle pour que l’être humain moyen (sic) comprenne une oeuvre. Sauvegardons la maison du chaos pour que nos enfants puissent l’apprécier! »)

Le maire a donc porté plainte à la justice pour que la Demeure du chaos, qui est en fait un ancien relais postal datant du XVIIe siècle, soit restauré ou rasé, et avec sa destruction, 3000 œuvres contemporaines réduites en fumée, ce qui a provoqué une belle controverse et de sérieux démêlés avec la justice, Ehrmann refusant de détruire sa création et appelant les visiteurs à la résistance en nous distribuant tracts, affiches, livres (de propagande pour la survie de la Demeure) et pétitions. Selon ses dires, près de 2000 personnes visiteraient chaque fin de semaine le site… d’où l’importance de ne pas laisser la Demeure s’écrouler et de continuer à veiller à son élaboration.

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Malheureusement, ce qu’on retient de notre visite, ce n’est pas tant le noms des artistes ou même la signification des oeuvres les plus intéressantes (il aura fallu pour cela que je fouille sur le net pour saisir la démarche artistique dans sa globalité), mais bien le combat d’un seul homme pour sauver son jouet… C’est un peu dommage quand même, que les artistes soient carréments mis de côté pour que seul le nom du riche marchand soit mis de l’avant. Certes, il finance entièrement son projet (qui aurait apparement coûté jusqu’à maintenant plus de 900 000 euros, sans parler de l’amende quotidienne de 75 euros qu’il paye depuis octobre dernier pour refuser de détruire la Demeure), mais la démarche artistique du projet et surtout, ses créateurs, est un peu trop mise dans l’ombre et c’est franchement dommage.

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Bref, on aime ou on aime pas, mais faut avouer que c’est difficile de ne pas se sentir interpellé en la découvrant et d’acquiser à l’importance de sa conservation…

* Fait cocasse, le voisin a décidé de convertir le toit de sa maison en Demeure de l’Éden et y a joyeusement affiché des coeurs, des arcs-en-ciel et des mots d’amour, le tout dans des teintes très kitsh, bref, un dessert pour les pupilles en sortant du porche!

Au retour, inspirés par la température, nous avons fait un saut de puce à l’Ile Barbe, cette île située en plein de milieu de la Saône et à quelques minutes à peine de Lyon. Magnifique, l’île abrite une abbaye du Ve siècle et de nombreuses anciennes propriétés privées sous un flot de fleurs et de verdure. Et si je dis saut de puce, c’est que nous nous sommes (trop peu) longuement arrêtés, nous laissant à peine le temps de découvrir une partie de l’île. C’est donc partie remise et je compte y retourner très prochainement, probablement à bicyclette, en prenant mon temps cette fois-ci.

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Pour les photos de la Demeure du Chaos et une pincée de l’Île Barbe, c’est ICI, sur le nouvel album photo, qu’il est maintenant possible de commenter également.

*****

Qui dit printemps dit flânage des Lyonnais dans la rues et aux terrasses… mais aussi à la sortie des bouches de métro. Résultat : Élise a été victime deux fois plutôt qu’une des pickpockets âgés de quelques années à peine qui vous suivent de près dans les escaliers aux heures de pointe et tentent (trop) subtilement de fouiller dans votre sac à dos ou votre sac à bandoulière.

Quand à moi, j’ai eu la frousse de ma vie lorsqu’en pleine nuit, deux voix d’homme ont tentés de rentrer dans mon appartement, en forçant la poignée et vargeant dans la porte… Merci à ma Petite conscience, je ferme toujours à clée en rentrant chez moi et je m’en suis simplement sortie avec une bonne frousse. Bref, deux incidents qui nous ont rappelés que bien que Lyon soit maintenant ma ville et non plus seulement une escale d’un voyage quelconque, il est bon de garder les mêmes réflexes de prudence que lorsque je suis en voyage (oui oui maman, je suis prudente!)

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Et la semaine s’est terminée par une autre aventure rocambolesque à propos de mes verres de contact et  la naissance d’une haine profonde envers Postes Canada, que je raconterai une autre fois ou plus bas, dans les commentaires, puisque c’est assez long!

Et pour mettre un peu de beauté dans votre journée après des images aussi, euh, chaotiques, je vous laisse sur une petite merveille de court-métrage (dont la trame sonore est en plus celle d’un de mes groupes favoris), merveille encore tirée de youtube, puisque youtube renferme une panoplie de trésors qu’on connait que trop peu. Bisous!

« Les Québécoises, elles sont vachement compliquées! »

23 mars, 2009

Et pour rester dans le même style que mon billet précédent, petite anecdote arrivée il y a de cela quelques semaines…

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- Coucou! Bise, bise.

- Je suis (madame X). Je viens de (insérez le nom de votre pays préféré), je viens d’arriver!

- Oh, bienvenue! Moi c’est Lysandre, Québécoise.

- Enchantée! La Québec, dans au Canada, c’est ça? Hihi, c’est loin! Caribou?

- Ouais. :)

- Canada… Oh! So you speak english?

- Hum, moui, mais…

- You know, I went to Vancouver once! It was wonderful! And then, on est ensuite allés au Seattle. L’Amérique, c’est très beau!

- Ah bon. Oui, ça devait…

- Tu n’as jamais été au Vancouver?

- Non, c’est plutôt loin tu sais.

- Loin? Mais tu es Canadien. Canadienne?

- Oui, mais je ne suis pas Canadienne. Ou Américaine. Je suis Québécoise. (Et puis, j’avais envie de dire, « Écoute ma puce, le Canada c’est plutôt vaste, you know, assez vaste pour que tu puisses faire le tour de l’Europe en entier avant d’arriver à faire la distance Québec-Vancouver. Alors fais pas chier là. » Mais je me suis soigneusement retenue. Faut pas être méchant avec les Erasmus. Et puis, pauvre fille, c’est tellement pas évident à comprendre non plus. Juste à entendre les copains parler de politique française, j’ai les oreilles qui bourdonnent tellement c’est complexe.)

- Mais le Québec et le Canada, c’est le même chose non? Rictus tordu sur mon visage qui exprime la douleur d’une telle phrase sur mon esprit. Les autres erasmus, qui connaissent déjà bien la différence pour y avoir été introduits maintes fois, trouvent la situation apparemment très drôle. Je veux dire, tu es Canadienne avant tout, logiquement? Québec, c’est juste ton ville? Right?

- Non, j’habite la ville de Québec, dans la province de Québec, qui fait partie ensuite du Canada. Québec, un des états du Canada si tu préfères. C’est très différent. Et non, je ne suis pas Canadienne, je suis Québécoise, et ça aussi c’est très différent. Mais oui, techniquement et officiellement, mon pays est, pour l’instant, le Canada…

- Oh. Je ne suis pas sure de compraindre… Vous êtes Français? Parce que tu parles Français très biân, mais un peu différemment des autres. Et la Québec, c’est au Canada ou bien c’est un pays? Ou un région? Ou une colonie?

- Pffff. Un peu de tout ça. Bon, écoute, assieds-toi, je vais aller nous chercher une bouteille et fais-toi une bonne prévision de clopes. Tu veux avoir la version courte de l’histoire ou…?

;-)

Et c’est à peine romancé. C’est beau, les voyages étudiants. :)


Je vous laisse avec quelques images prises lors d’une autre ballade dans le quartier de la Croix-Rousse faite cette semaine, où je suis tombée sur un endroit magnifique, avec une vue magnifique (la photo au début de l’article), bref, c’était magnifique! :) Le quartier est vraiment sympa, très familial et l’ambiance tranquille et villageoise fait du bien de celle un peu trop branchée et snob du centre-ville. J’ai découvert de charmantes boutiques, jasé avec une gentille boulangère en achetant une tarte à la praline et profité du soleil estival en marchant le long des pentes. Je me suis même laissée tentée par une sympathique bague ornée d’une pierre semi-précieuse, dénichée à petit prix si on compare aux prix affichés sur la Presqu’île. Bref, j’aime bien le quartier de la Croix-Rousse! Les photos, ici!


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Parce que je n’avais pas encore parlé de l’accent (dit le fameux québécois).

18 mars, 2009

Tel que promis, une avalanche de billets suivra dans les prochains jours…  Pour les retardataires, faire glisser la souris sur les autres articles en bas aussi. :)

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Mardi matin, dans le tramway bondé pour me rendre à la fac. Mon cellulaire sonne, je réponds :

- Salut! Shui dans le T1, je m’en viens dans pas long! Shui un peu à boutte, c’est jammé pis on avance pas, c’est l’enfer. Pis j’técoeurée de pas avoir mes verres de contact, ça’m rend tellement vedge, j’vois rien. Toi, ça va?

-  …

- Ouin, moi itou. T’as-tu besoin de passer faire ton épicerie après le cours? Parce’que moi j’ai pu de beurre de peanut pis shui en manque. Feck ça f’rait mon affaire si on faisait un détour, pis en plus y mouille pu.

-  …

- Ok! Feck on s’voit tantôt! Bye!

Vous auriez du voir les yeux de la dame en avant de moi, qui me fixait du coin de l’oeil sans vouloir me dévisager. Hi-la-rant. Je vous jure. Apparemment, il avait bien compris par le vocabulaire que je parlais Français, mais elle n’avait pas pigé grand chose, la pauvre. Tout en parlant, je m’était retournée quelque fois vers elle , légèrement agacée par son regard insistant, à la fois plein de curiosité et un peu choqué (les gens sont un peu farouches en nous écoutant pour la première fois, jusqu’au moment où l’on précise ce qu’ils voulaient entendre, soit qu’on est Québécoise, et alors là, on devient tout attendri, on nous prends pour la cousine un peu naïve de la famille et on se marre de notre accent en nous disant à quel point on les fait rigoler. Bah oui, c’est drôle hein, demander le prix de vos pommes… À la fin, ça commence à devenir chiant d’être la petite cousine qui fait bien rigoler quoi qu’elle dise…), mais à chaque fois que j’esquivais un mouvement envers sa direction, elle détournait le regard. J’ai donc décidé de lui en donner pour son argent, accentuant mon accent comme celui de mes adorables grands-parents, question de rigoler un peu…  ;-)

Elle a continué ce jeu là un petit peu encore, le je-te-regarde-pas-très-subtilement-mais-je-m’en-fou-d’être-polie, jusqu’à ce que je raccroche. Puis je me suis rapidement tournée vers elle, j’ai fait mon plus grand sourire et une grande paire de yeux exagérés qui mimait la stupéfaction, l’air de dire « Ohhhh! Une Québécoise! Ohhhh! Elle a un accent! », puis je suis sortie à l’arrêt suivant.

Ça m’a terriblement fait du bien d’être un peu insolente, de retrouver mes 15 ans le temps de 15 minutes. :) Habituellement, je prends un léger accent français lorsque je me ballade seule, question d’avoir la paix et que le mot ÉTRANGÈRE ne clignote pas dans mon front au moment même où j’ouvre la bouche. Surtout lorsque je me promène à Guillotière le soir en parlant au téléphone, où quand je fais mon marché, pour ne pas subir le taux d’inflation du prix des légumes réservé aux touristes. Et puis habituellement, j’aurais peut-être baissé le ton de ma voix, pour être tranquille justement, ou peut-être un peu par malaise… Tristement d’ailleurs. Mais il a des jours où on a besoin, où on a envie d’être soi et mardi en était un. Il a des jours où on en a marre d’éviter les embrouilles et de se fondre à la masse pour passer incognito. Il a des jours où on aimerait vivre, simplement, sans devoir s’habiller en noir de la tête aux pieds et prononcer ya(ug)ourt, ya-ourte… Con comme ça.

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(La Saône, encore et toujours, aussi magnifique au coucher du soleil…)

Pour les curieux, voici ce que j’aurais pu dire si mon portable avait sonné…:

- Coucou! Oui, je suis dans le tram! Je serai bientôt arrivée. J’en ai un peu marre, les rues sont bloquées, machin machin, et du coup, on est pris dans le trafic, tu vois. Et ça trop fait chier d’avoir perdu mes lentilles, c’est trop relou là. Voilà. Et toi, ça roule?

-  …

- Ah oui! Moi aussi, quoi. T’as besoin besoin de faire le marché après le cours? Je crois ne plus avoir de faisselle et du coup, j’ai rien pour le ptit déj demain.Voilà. Et puis il fait trop beau là, quoi.

-  …

- Si, si! On se voit tout à l’heure! Bisous! Chow!

Je suis souvent frappée par mon statut d’étrangère, et cela survient souvent comme une illumination. En étudiant cette semaine un tableau de Turner, ce peintre romantique anglais qui a nous a livré Tempête de neige et vapeur (peinture qui représente un bateau à vapeur dans une tempête de neige, si vous n’aviez pas deviné…), mon charmant professeur, M. de Vergnette, s’est mis à expliquer l’effet par lequel Turner arrivait à rendre le réel de la tempête, soit en mélangeant couleurs et textures, mouvement et déséquilibre. L’application de touches de couleurs indistinctes les unes des autres permet au mouvement de procéder, puis en survient le dynamisme sublime du tableau. M’enfin…

Puis ça m’a frappé. Dans cette salle, parmi la cinquantaine d’élèves assis autour de moi, j’étais, très fort probablement, la seule qui savait véritablement ce qu’était qu’une tempête de neige et qui en avait vécu une (ou plusieurs…) Une chose aussi banale, pour moi, devenait, dans la bouche du professeur, une force de la nature terriblement exotique et chaotique, voire terrifiante par son incongruité. Bref, ça m’a fait bien sourire, ce petit rappel de mon statut d’étrangère, que j’ai souvent tendance à oublier parce que la langue est la même, surtout pendant les cours, les professeurs adoptant un ton neutre dénué de tout argot ou expressions typiquement françaises.

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*****

La semaine dernière avait lieu le Printemps des poètes à Lyon, événement auquel, en ma qualité de littéraire, j’ai assisté à quelques reprises (je vous invite d’ailleurs à assister à certains événements du Printemps des poètes de Québec qui a lieu jusqu’à la fin mars et dont la programmation est si vaste que je suis sure que vous y trouverez quelque chose qui vous plaira. ;-)

Jeudi dernier, après être allée prendre le thé chez Éva et Jean-Baptiste, deux amis Français (que, ironiquement, j’ai d’abord connu lors d’une fête où moi et Jibé avions longuement débattu sur l’accent français versus l’accent québécois. Il déclamait alors -très égocentriquement- que les Français n’avaient pas d’accent et qu’ils étaient le degré zéro de la langue, bref, la pureté incarnée… Il s’est depuis calmé et comprends désormais beaucoup mieux les nuances et les enjeux de la langue, bouteille dans le nez en moins aidant. ;-) qui possèdent donc un appartement formidable situé juste au-dessus d’une boulangerie, dans le quartier des Brotteaux, ce chic quartier dans le 6e arrondissement où est d’ailleurs situé le Parc de la Tête d’Or et le désormais célèbre Petit-Poney d’Amour.

Or, tout ce long paragraphe pour dire qu’après, en compagnie de Julie et d’Élise, nous nous sommes arrêtées au Théâtre de l’Élysée, à Guillotière et où l’on présentait une relecture dans le cadre du Printemps des poètes des œuvres poétiques, ma foi, fortes rigolotes de Jean Tardieu. J’ai bien aimé la relecture des Problèmes de géométrie poétique écrits par Tardieu, autour duquel il a créé un personnage, celui du Professeur Froeppel qui se pose des questions existentielles sur le temps, l’espace, la géorgraphie etc, bref des questions typiquement comme je les aimes, soit à la fois absurdes et incongrues. Quelques exemples qui m’ont bien fait sourire :«

L’espace

Étant donné deux points, A et B, situés à égale distance l’un de l’autre, comment faire pour déplacer B, sans que A s’en aperçoive ?

L’arithmétique

Pendant l’absence de Zéro, le petit “Un” joue à cache-cache avec le petit “Deux”. Combien sont-ils ?

L’algèbre

Étant donné qu’il va se passer je ne sais quoi je ne sais quand, quelles dispositions, prenez-vous?

Petite cosmogonie pratique

Construisez un monde cohérent à partir de Rien, sachant que : Moi=Toi, et que Tout est Possible. Faites un dessin.

La vie de tous les jours

Si, dans la rue, un réverbère s’approche de vous et vous demande du feu, comment vous y prenez-vous pour ne pas paraître décontenancé?

Vous êtes chez le coiffeur. Un vieillard à la longue barbe blanche, vêtu d’un tablier blanc, vous prie poliment de vous asseoir. Or, ce n’est autre que Dieu. Lui donnez-vous tout de même un pourboire?

La métaphysique

Est-ce que l’univers vous apparaît comme un « poids »? Que vous portez? Que vous traînez? Ou, au contraire, avez-vous l’impression de « flotter » sur le monde? Motivez vos réponses.

Comment vous représentez-vous l’Être? A-t-il des plumes dans les cheveux?

Le Néant est-il plus sensible le dimanche que les autres jours? Souhaitez-vous y passer vos vacances?

Je sais pas vous, mais moi, j’adore. :)

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Puis samedi dernier, encore dans le cadre du Printemps des poètes, j’ai assisté en compagnie de Julie, Élise, Giulia et Yuta à un événement qui s’appelait Lave ton linge sale en public, et qui consistait à un récital de poésie, dans une laverie de quartier! L’ambiance était super sympa, très décontractée et intime. J’ai davantage accroché lorsque deux jeunes femmes se sont mises à faire de la poésie-dansée : entre les laveuses automatiques, elles se sont mises à bouger, dans une chorégraphie contemporaine très inspirée, au son des paroles de l’une qui lisait un poème, ou au son de voix extérieures qui récitaient des vers sur de la musique basse. C’était très particulier et l’effet d’étrangeté, complètement réussi, dans un lieu aussi incongru. J’ai bien aimé le mélange de tout ce qui en résultait, l’aspect esthétique de la laverie, les corps en suspension selon les virgules, les gestes frôlés puis repris, la langue éclatée entre deux essoufflements…

Puis pour clore ce billet culturel en beauté, je reviens tout juste d’un concert donné par l’orchestre de l’Université Lyon III, dont fait partie Mala, une amie allemande et auquel elle nous avait conviés. Comme je l’avais déjà mentionné, ma culture en terme de musique classique est malheureusement assez limitée, à vrai dire totalement inexistante, et je me suis donc contentée de fermer les yeux et me laisser bercer par la mélodie et les nuances. Détail particulier, j’ai aucune idée de si c’est fréquent ou pas, mais la moitié du concert était dirigé par un mec d’environ 18 ans, qui faisait office de chef d’orchestre (avec les grands mouvements et tout le tralala), tout en étant assurant également un solo de clarinette d’une dizaine de minutes. Épatant. Le genre de gars voué à une brillante carrière plus tard et dont le professeur nous a longuement vanté les prodiges avant de le faire monter sur scène, l’émotion et la fierté transperçant sa voix. C’était franchement beau à voir…

img_2862Les couchers de soleil dément que l’été nous donne.

- Je re-publierai très très bientôt! Bisous! :)

Deux mois plus tard… c’est l’été!

15 mars, 2009

Oups! Il se trouve que j’avais déjà écrit un billet, mais que j’avais oublié de le publier! Me semblait aussi que ça faisait longtemps… Vous aurez donc droit à plus de nouveautés dans le courant de la semaine, puisque je me retrouve avec tous pleins de choses à vous dire! (je sais, j’ai le don de vous tenir en haleine! ;-)

Le printemps est définitivement installé à Lyon (et je dirais même l’été, avec des températures qui frisent les 22 degrés et mon monteau rangé dans ma valise!), c’est avec bonheur que je trimballe maintenant mon appareil photo partout où je vais, surtout que des couchers de soleil ma-gni-fi-ques se donnent en spectacle tous les soirs sur les ponts du Rhône…

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La fameuse allée d’arbres tordus près de chez moi, cette fois-ci sous un autre angle.

img_2842On devine Fourvière et la tour « Eiffel » métallique. J’aime tellement les cheminées lyonnaises…

La dernière semaine a été particulièrement éprouvante : les cours ont maintenant repris leur allure habituelle, mais ils sont en plus rallongés d’une heure chacun afin de rattraper la matière perdue par la grève, ce qui me donne des journées incroyablement longues et éreintantes. Ça me fâche d’autant plus depuis quel l’un de mes professeurs (le seul qui refusait de joindre le mouvement de grève…) a lui aussi décidé de rallonger les séances de cours, parce que Mônsieur avait une réunion la semaine dernière et donc qu’il ne s’est donc pas présenté au cours (sans évidemment, nous prévenir une semaine à l’avance)… Je trouve totalement irrespectueux de ne pas informer ses élèves de sa prochaine absence à un cours et en plus, de leur faire porter les conséquences d’une absence à laquelle je ne suis pas reliée directement, en leur rajoutant des heures de cours en dehors des horaires prévus, sans considération pour le fait que j’ai peut-être, moi, un rendez-vous de fixé depuis longtemps ou même, que j’aille un boulot qui m’empêche d’assister au cours.Cela dit, dans les circonstances actuelles, je n’ai rien de prévu, alors ça me va, mais à Québec, j’aurais probablement réagit beaucoup plus violemment… Pour la grève, je comprends et c’est pour une bonne cause, mais une réunion… un voyage sur la côte d’Azur tant qu’à y être!

Bref, la médame était pas de bonne humeur.

Ajoutons à cela la perte de l’un de mes précieux verres de contact dans le lavabo infect de mon appartement à 3h du matin (où j’ai du fouiller dans la merde totalement répugnante et malodorante des anciens locataires sans jamais le retrouver… Edit: Pour les détails gluants, voir les commentaires! ) en plus d’un paquet d’autres considérations personnelles, et cela donne une humeur assez massacrante…

img_2541Printemps oblige, les bateaux se baladent maintenant sur le Rhône, de même que les kayakistes… et les cygnes! :)

img_25511Place des Terreaux au coucher du soleil.

J’étais donc plus que contente qu’Alex, ami québécois littéraire étudiant à Aix-en-Provence (lui aussi dans le cadre du Profil international! On est tricotés serrés ;-) nous fasse l’honneur de sa visite pour la fin de semaine, lui qui n’avait jamais mis les pieds à Lyon. Pour revoir la ville avec son manteau de printemps, et un peu plus du théâtre gallo-romain et en exclusivité, des photos moi qui prouvent que j’existe encore, c’est  ICI ! :)

img_2801Dans la montée de Fouvière.

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La Saône, toujours aussi belle…

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Je l’ai donc hébergé à l’appart pendant une partie de la fin de semaine, et, en compagnie d’Élise et de Julie, nous l’avons trimballé dans nos quartiers favoris, s’empiffrant au passage de chaussons au citron lyonnais et d’une bonne bouffe chez Mounier, probablement l’un des meilleurs bouchons lyonnais, où pour la modique somme de 12 euros, j’ai dégusté salade lyonnaise, filet de lieu noir, couronne de pain lyonnais avec Saint-Marcellin, mousse au chocolat et deux verres du vin de la région, le Côte du Rhône. Mmmm! Je rappelle à ceux qui me trouverait gourmande que Lyon est la capitale française de la gastronomie, hihi! :)

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Et qui dit Lyon dit visite des traboules! Ci dessus, la traboule de la Tour rose, dominée par… une tour rose! Tadam! ;-) Blague à part, elle a longtemps renfermé un restaurant haut de gamme et tous les grands diplomates y ont passés. Ci-dessous, Alex et Julie à la sortie d’une traboule.

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Le dimanche matin, nous nous sommes dirigés en direction du marché du quai Saint-Antoine en compagnie de Vincent et Catinca, à qui l’on avait présenté Alex la veille, avant de se diriger vers les bouquinistes, dont j’ai déjà parlé auparavant, et où nous avons fait la charmante connaissance d’un bouquiniste qui s’est avéré adorer Richard Desjardins, Plume Latraverse et Félix. C’était plutôt sympa, de l’entendre déclarer son amour pour la chanson québécoise, sur bord de la Saône, dans un lieu (à savoir, les bouquinistes) typiquement français.. :)

Et puis pour marquer l’anniversaire de Vincent, nous avions organisé samedi matin un brunch avec les autres erasmus où, pour l’occasion, Élise a ouvert une précieuse canne de sirop d’érable, ensuite versée sur crêpes et pain perdu (pain doré) concocté selon nos bons soins. Encore une fois, le contraste entre ma vie d’ici et le goût de la maison m’a frappé, surtout lorsque pour ne rien perdre de notre précieux sirop, j’y ai mélangé un peu de faisselle fraîche du marché… Ahhhhhh! :)

Autrement les cours me plaisent, surtout ceux de M. Bonnet, ce professeur tout à fait remarquable qui donne mon cours sur le rire en littérature et également celui de littérature contemporaine. Il est l’un de ces rares professeurs complètement passionnés, intéressés et très près d’une approche littéraire moderne et dynamique, ce qui m’allume beaucoup. Sans parler de sa lecture à voix haute des textes étudiés en classe qui me rappelle pourquoi j’aime tant les livres : une œuvre mise dans sa bouche sonne comme un conte sans prétention, où la complexité du texte est immédiatement oubliée par la manière dont il fait résonner les mots, clairement, limpide ment. Entendre un texte (ou mieux, un poème en alexandrins) lu par un Français rend au texte toute sa beauté. Le rythme y est juste, l’intonation et les accents en fin de rimes sont prononcés adéquatement et les liaisons, assurées au bon endroit. C’est tout à fait sublime et du coup, j’ai été prise d’une envie folle de lire les contes de Perreault, ce à quoi j’ai remédié en achetant une petite édition bon marché de quelques uns de ses textes dans une librairie d’occasion. Ne manque plus que M. Bonnet qui m’en ferait la lecture avant de m’endormir, mais ça, c’est un autre sujet… Passons! ;-)

Ça a fait deux mois cette semaine que je suis installée à Lyon, et je me rends compte que je ressens encore autant de bonheur que les premiers jours lorsque j’arpente les rues au coucher du soleil ou le soir, en revenant du Vieux Lyon d’une soirée avec les amis. Marcher dans la ville lorsqu’il fait aussi chaud que maintenant est un pur délice et penser que deux mois se sont déjà écoulés me tord un peu l’estomac de travers… Au risque d’être clichée… merde, ça passe TROP vite!

Petit rappel, les photos du séjour d’Alex à Lyon sont ici!

En guise de dessert, un autre court métrage qui m’a remué cette semaine et dont je vous fais part… Bisouuuus!

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