Un mois plus tard. Là-bas. Ici. Ailleurs.
Lyon. Dans mon lit, dans la chaleur de ma grosse couette achetée chez Ikea.
L’auteur vous prévient que cet article sera larmoyant, très introspectif et assez lyrique. Z’êtes prévenus! :-) Et puis laissez donc un commentaire si vous passez faire un tour par ici, ça fait plaisir de voir que y’a toujours des gens qui nous lisent…!
Voilà maintenant un mois, jour pour jour, que j’ai amorcé mon périple en France. J’ai pris conscience de ce fait hier soir, à la sortie du métro de Guillotière, alors que je marchais vers chez moi, de retour d’une soirée passée chez Julie, maintenant déménagée dans un petit appartement dans le Vieux Lyon, certainement mon quartier préféré. C’était une belle soirée de printemps, la nuit était un peu froide et la pluie qui tombait doucement se miroitait dans la lumière des lampadaires, donnant l’impression que des pépites d’or tombaient sur la ville. C’était magnifique. Les rues étaient désertes, les lumières de Fourvière au loin, sur le point de s’éteindre. Je marchais d’un pas vif, les mains enfoncées dans le fond de mes poches, pour éviter le mordant du vent. – Fin du cliché.-


Et puis c’est là que le déclic s’est fait. Mon Ipod s’est mis à jouer cette même chanson que j’écoute depuis l’âge de 14 ans, cette chanson que j’ai tant fait jouer, à divers moments importants de ma vie, et qui est depuis rattachée à un paquet de souvenirs. Véritablement, j’ai été frappée. Heureuse de constater qu’un mois plus tard, j’étais profondément en paix avec moi-même, en symbiose avec l’univers autour de moi, portant un regard attendri sur chaque petit détail, même sur les aspects les plus louches du coin, me disant que ces trucs vont me manquer à mon départ, ouais, même le troc de trucs louches au fin fond des ruelles de Guillotière à 3h du mat… C’est dire!
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La fin de semaine dernière a été plutôt tranquille. Une grève généralisée sévit sur Lyon depuis mon arrivée, faisant en sorte que la presque totalité de mes cours ont encore été annulés et que je profite ainsi une fois de plus d’une semaine de vacances forcées. Je dis bien forcée, puisque je commence toutefois à m’inquiéter des conséquences de cette grève qui paralyse la totalité du système universitaire en France et qui me réduit à deux cours sur six de maintenus…
Pour ceux que ça intéresse, voici les infos. Pour les autres, faite rouler la souris!
Donc les professeurs ont entamés des mesures de grève illimité depuis le 2 février dernier pour protester contre la mise en place de la nouvelle réforme de la ministre Valérie Pécresse, dont l’objectif serait de mieux contrôler le travail des enseignants-chercheurs qui se verraient attribuer davantage d’heures d’enseignement si leur rythme de publication de travaux scientifiques n’était pas suffisant, puisqu’effectivement, tout professeur français se doit de faire de la recherche en plus d’enseigner un certain nombre d’heures par semaine. Fait exceptionnel, c’est la première fois depuis près de cinquante ans que la fac de Moulin III, fac reconnue comme étant fortement de droite, participe à une grève universitaire. C’est dire l’ampleur du mouvement. Et puis ce n’est pas près de se calmer, surtout après le discours de notre ami Sarko-ko en janvier dernier sur le rendement des chercheurs qui a créé un branle-bas de combat dans la communauté d’enseignants-chercheurs. Autre source de grogne, la réforme vise également les étudiants, qui verraient leur formation universitaire complètement chamboulée. Comme j’ai tenté de le faire comprendre à maintes reprises sur d’autres articles, le système d’éducation française est nettement différent du système québécois. Après le bac (lycée, soit le secondaire pour nous), les jeunes de 17 ans rentrent directement à la fac ou dans les grandes écoles. Une fois rentrée à la fac, au terme de ces trois années de licence (notre bac à nous, soit ce que je fais ici), ils passent un an à se préparer pour passer des concours (pour le CAPES, soit le Certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement secondaire), puis ensuite ils font leur master, en deux ans, dont une année de stage rémunérée. Ensuite, hop, l’étudiant entre sur le marché du travail où généralement, il obtient un poste assez permanent (ce n’est pas la galère des années de suppléance comme nous). La réforme que tente d’établir la ministre Pécresse abolirait une année de cette formation, faisant en sorte que l’étudiant n’aurait que deux ans pour se préparer aux concours, faire son master et effectuer son stage, maintenant non rémunéré. Ajoutons à ça de graves coupures de postes dans les université et vous avez le topo. Pour mieux connaître la situation, c’est ici, ici, et ici pour de courts articles qui résument bien la tendance.
Vous comprendrez donc que je n’ai absolument aucune envie de devoir reprendre un semestre à Québec, d’autant plus que puisque les technologies ne semblent pas s’être totalement rendues en France, il est bien sur impossible d’avoir de l’information quant à l’élaboration d’une entente quelconque ou de savoir à l’avance si le cours est bel et bien annulé. Je continue donc de me lever chaque matin, en route pour la fac, un ptit lunch dans mon sac et mes stylos tous prêts, tous beaux (ouais, je suis rendue comme une gamine à son premier jour d’école tellement je suis désespérée d’être au stade larvaire…) pour finalement rentrer bredouille chez moi. Du coup, toute élaboration d’un voyage pour profiter de ces « vacances » devient impossible, au cas où un professeur déciderait de donner cours. Ouais, moi aussi je trouve ça plutôt chiant…
Je ne suis quand même pas tant à plaindre, puisque la semaine prochaine en étant officiellement une de relâche (eh oui! dire que j’ai eu 5 ou 6 cours jusqu’à maintenant… !), Élise et moi avons décidé de partir prendre l’air du Nord et de s’envoler pour l’Angleterre! Ouiiiiiiii! Je pars donc demain, samedi, pour ne revenir que jeudi prochain. Ce petit saut au pays des scones et du thé nous mènera vers Chester, Liverpool, Oxford et Londres. À nous la campagne anglaise! * J’ai vraiment tenté de faire renter dans mes bagages mon ombrelle et ma robe à corset à la Keira Knightley, mais sans succès… Dommage, ça aurait fait de sacré belles photos.*
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Malheureusement, la pluie semble s’être installée et les nuages typiques de Lyon sont de retour, rendant la ville plutôt grise, froide et définitivement peu accueillante pour les promenades à pied. Ne nous apitoyant pas sur notre sort, Élise, Sébastien (un Québécois rencontré sur facebook. Ahhh facebook!), Alex (ami Suédois de Sébastien) et moi sommes allés visiter le Centre d’histoire de la résistance et de la déportation. En effet, Lyon a joué un rôle clé dans la résistance française de la seconde guerre mondiale, étant même proclamée « capitale de la Résistance » par le général de Gaule. La visite de Centre était donc tout à fait incontournable et, ayant déjà fait un travail sur la résistance quelque part lors de mon passage au secondaire, le sujet m’intéressait et m’était assez familier.
Par contre, en tant que jeune québécoise, les événements de 1939-1945 ne m’avaient jamais interpellés directement. Comme tout le monde, j’ai visionné des images, j’ai été émue, choquée, outrée, blessée, mais jamais entièrement, puisque je fais preuve d’une certaine dissociation historique et géographique par rapport aux faits. En effet, jamais vous vous promènerez dans Québec et trouverez des traces d’un bombardement ou vous verrez votre nom de famille apparaître régulièrement dans L‘index des Québecois déportés ou un truc de ce genre.
Néanmoins, me plonger au cœur de l’exposition m’a, cette fois-ci, plus directement touché : vivant à Lyon depuis maintenant un mois, les rues et les artères me sont familières. Se sont maintenant mes rues, mes places, mes fontaines et mes maisons. C’est maintenant un quotidien auquel je m’identifie et qui fait partie de moi. Avoir sous les yeux les images d’un Lyon envahit par les troupes allemandes, d’une place des Terreaux remplie de soldats, de mes rues ruinées par la guerre, de marcher dans l’ancien bunker de Klaus Barbie, chef de la Gestapo à Lyon (aussi nommé « le boucher de Lyon », à cause des méthodes d’interrogations particulièrement brutales qu’il employait…) a quelque chose de profondément troublant. Tout est là, tangible : la répression, les rafles dans la ville, les témoignages des résistants, les articles de journaux, les caves dans lesquelles étaient recluses les victimes de la Gestapo, rue Berthelot, juste à côté de la fac à laquelle je me rends tous les matins… Troublant.

Sur ces belles pensée joyeuses et optimistes, je vous assure que je vais bien et que mon moral aussi! Oui, oui! -) Je reviens quelque part la semaine prochaine avec un paquet de photos! Bisous!







Allo ma belle.
Alors l’histoire entre dans ta vie. Oui c’est bien dans cette France et aux abords des villes comme Lyon que la grande Histoire s’est jouée.
Nous avons nous aussi pensé à toi hier soir en se disant que oui il y a un mois tu quittait ton nid douillet pour aller te réfugier dans les brans d’une autre ville.
Il semble bien que ces bras soient tendres et bien chauds.
Peut-être que l’Angleterre te donnera d’autres envies de chercher au travers de l’histoire.
Continue ton voyage, malgré les grèves, et profites-en au maximum, mais toujours de façon responsable et PRUDENTE.
Je t’aime
XXX de papsyl
Allo lyly,
Je pense souvent à toi. Tu es vraiment chanceuse, je suis sûre que j’aurais aimé voir les places historiques et voir l’exposision de la seconde guerre mondiale. En espérant que la grève ne retarde pas trop la fin des classes. Continue d’écrire de si beaux textes, je ne peux pu me passer une journée sasn que je viens sur ton blog.
Bonne nuit, j’ai cours demain
bizou mymy xxx
Salut Ly!
Je continue à croire que tu devrais écrire un livre… Tu écris vraiment bien. Je suis contente que tu te plaises à Lyon et j’espère que tu vas adorer ton voyage de « relâche ». Oublie-moi pas si tu vois des paysages pas de bon sens de campagnes anglaises (ce qui risque fort probablement d’arriver d’ailleurs).
Amuse-toi!
xxxxxx
Allô ma belle Ly !
Moi aussi je t’aime et m’ennuie de toi :)
J’espère que la campagne anglaise et ce cher Big Ben te combleront de joie ! Quant à moi mes bras vont assez bien maintenant pour que je t’écrive moi-même ce petit mot sur ton blog. Par contre, je ne lève pas encore un verre d’eau. Mais je ne désespère pas, j’apprends à vivre à un rythme plus lent, donc je l’espère, plus sain ! J’ai eu la chance d’avoir William qui a passé une semaine chez-moi à faire mon super cuisiner/secrétaire/porteur d’eau/faiseur de lit personnel, c’était super ! Aussi, Édith m’aide beaucoup dans mes choses. Je vais leur devoir énormément après ma convalescence.
À Montréal ça sent le printemps, il fait chaud pendant le jour et un doux soleil me chauffe le cou pendant que je fais des devoirs.
Je te souhaite des vacances en Angleterre inoubliables :)
-xxx-