Aux portes des merveilles
Ouf! Moi qui avait prévu écrire plusieurs articles différents, je n’en ferai finalement qu’un seul, très long (ça devient presque une habitude!), puisque je n’ai pas eu accès à internet pour publier alors…! J’en ai également profité pour modifier l’entête du blogue, puisque je quitterai lyon dans une semaine pour désormais vivre le monde en nomade!
Lyon, la magnifique. Lyon, la merveilleuse. Lyon, l’envoutante. Lyon… la Sublime!
Dans moins de deux semaines, je quitterai à tout jamais ces paysages incroyables, ces maisons orangés et roses tassées les unes contre les autres, je quitterai le bleu envoûtant de la Saône et le vert transparent du Rhône. Je dirai adieu à Fourvière, petit bijou perché dans la nuit bleutée des soirs d’été. Et puis je partirai, mes valises à la main, mes souliers frottant pour la dernière fois ces rues tant empruntées, et la ville elle, continuera de bourdonner quand même, de s’illuminer chaque soir, de ronronner un peu partout, dans ses racoins les plus mystérieux, elle vivra, encore plus fort.

Oh, mais je ne suis pas à plaindre non plus. Puisque mon départ de Lyon marquera aussi le début d’une nouvelle aventure, celle des terres flamboyantes de l’Espagne, pendant près d’un mois. En effet, trois de mes meilleures copines arrivent dès demain, directement du Québec, afin de terminer mon aventure du sol européen avec moi. C’est donc un tout nouveau périple que j’entreprends, celui-ci, davantage nomade, et puis collectif. Évidemment, je compte bien continuer à chérir ma capacité d’émerveillement continuelle que j’ai développée ici, de même que ma curiosité de plus en plus infinie pour le monde.
Or cette semaine, dans ma soif de profiter de ma dernière semaine de solitude à Lyon, je me suis donnée pour mission de repousser les limites de mon exploration passée de la ville pour aller faire un tour vers les endroits dont j’avais entendu parler ou que j’avais entraperçu, me disant que je devrais y retourner un jour, puisque « j’avais bien le temps d’y revenir… »
Logiquement donc, vous aurez compris que j’ai terminé les cours et que j’ai aussi passé au travers de mes premiers et derniers examens français lundi dernier! Oui Monsieur. Mes six évaluations se sont relativement bien passées, plus ou moins pour certaines, mais bon… À noter, deux de celles-ci étaient orales, devant le professeur en tête à tête, mon stress dans les souliers et mon petit accent québécois qui me parsemait les joues de gêne. C’était plutôt flippant, mais il semble que je m’en suis sortie et c’est bien cela qui compte après tout, l’important étant d’obtenir la note de passage pour pouvoir me faire créditer mes cours à Laval. Les jours de « fac » sont donc maintenant choses du passé et j’avoue que je vais m’ennuyer de mon trajet quotidien le long du Rhône pour me rendre aux quais, où bien la passion de l’enseignement dont faisait preuve certains professeurs. Je pense à mon charmant M. de Vergnette, par exemple, en histoire de l’art, qui nous a donné notre dernier cours directement au Musée des Beaux-arts de Lyon. Imaginez : étudier le mouvement impresionniste en ayant sous les yeux les toiles de Monet ou de Degas, avec en plus, les commentaires du conservateur du Musée pour vous enrichir, puisque nous avons eu droit à une visite des collections le lundi, alors que le Musée était complètement désert, puisqu’habituellement fermé. J’étais véritablement sur un nuage!

(Le Musée renferme une superbe cour intérieure toute verte et fleurie, qui est entourée de ces arches où plein d’amoureux se cachent pour s’embrasser).
Je ne croyais pas que le musée de Lyon contenait de si grandes œuvres (je crois qu’on est tellement habitué à penser que les grands se trouvent loin… alors que pourtant c’est moi qui est rendue loin, en mesure de les voir justement!) et j’ai donc eu la chance de voir mon tout premier Gauguin, magnifique, avec ses teintes d’orangé et de rouge, réchauffant toute la pièce, encore un peu de Degas et de Monet, que j’aime tant, du Manet aussi, du Corot, du Picasso, du Braque, du Matisse et bien sur, mon amoureux, du Renoir. En fermant les portes du Musée derrière nous, j’ai eu une envie folle de me faufiler derrière le conservateur, question de m’enfermer volontairement toute la journée à l’intérieur du musée, simplement pour m’asseoir, observer et rêver un peu, tranquille… Ahhh!
Tout cela pour dire que mardi, me sentant libre comme l’air et heureuse sans bon sens d’avoir la chance toute simple de visiter une ville sans rien devoir faire en retour, sans pression universitaire, sans boulot, sans attaches familiales, sans responsabilité notable hormis m’occuper de moi-même, je suis partie me promener vers le nord de Lyon, côté Rhône, armée de mon fidèle compagnon, M. Canon, l’appareil photo.
J’avais déjà aperçu lors d’une de mes promenades en jogging le long des berges un petit espace boisé le long du Rhône à quelques minutes à peine de chez moi et tout cela me semblait bien joli. J’ai donc décidé d’y retourner, profitant au passage pour respirer à plein nez l’air de l’été qui souffle sur Lyon, avec ses 30 degrés et sa nuée de pollen qui me rend folle. J’ai marché pendant presque une heure le long des péniches, en remarquant au passage que l’une d’entre elles abordait fièrement le drapeau du Québec au lieu de l’éternel bleu-blanc-rouge français.





(C’est sympa avec cette photo l’on voit quatre ponts de Lyon.. :)
Ma promenade m’a menée à la hauteur du Parc de la tête d’Or, mais tout en restant du côté des berges; le petit boisé entraperçu est en fait ce qu’on nomme le Bertillod, une péninsule qui s’avance dans le Rhône et qui forme une multitude de petites criques de galets isolées, où l’on peut aller s’étendre, les pieds dans l’eau, le soleil sur la nuque et les yeux dans la Croix-Rousse de l’autre côté du fleuve. C’est franchement un endroit paradisiaque, qui a l’avantage d’être relativement peu fréquenté, donc très paisible. Je m’y suis étendue une partie de l’après-midi, tentant d’englober avec mes minuscules yeux toute l’étendue de la beauté de la ville, avec ses cheminées éparses, ses toits rouges, ses fenêtres aux balconnets travaillés, ses façades roses, blanches et orangées. De l’autre côté du Rhône, à une centaine de mètres en face de moi, un jeune homme s’était installé dans l’une des criques avec un ensemble de percussions qu’il frappait avec passion; grâce au cours d’eau, le rythme de ses tambours me parvenait très distinctement et contribuait à la perfection du moment…

Pour d’autres belles photos des berges, c’est ICI (je les aime bien)
Mercredi, 20 mai 2009
Le lendemain, toujours dans mon désir de profiter encore au maximum de la ville avant mon départ (et il faut dire aussi que ma connexion a internet n’a pas fonctionné jusqu’à euh, aujourd’hui… ), j’ai enfourché un vélo’v (ces bicyclettes en libre-service qu’on peut emprunter un peu partout dans la ville) et armée d’une carte, de crème solaire (puisque les températures se maintiennent désormais autour des 30 degrés, et hélas, les lyonnais n’ont toujours pas délaissés leurs pantalons longs…) et de M. Canon, j’ai mis le cap vers l’autre côté Nord de la ville, cette fois-ci du côté de la Saône, que j’ai longé pendant plus d’une heure, en profitant pour errer un peu dans le quartier de Vaise, petite banlieue bien sympathique avec ses rues transversales et ses façades roses décrépies, avant d’atteindre le village de Saint-Rambert et la magnifique Île Barbe, où j’avais déjà été faire un saut de puce avec des amis à mon retour du village de Saint-Romain Mont d’Or et de la Maison du Chaos, vous vous rappelez?
(En chemin vers l’Île Barbe, vue de la Saône, mais derrière Fourvière en quelque sorte)

L’Île Barbe était à l’origine le lieu de ralliement des druides celtes vers 700 av J.C. (oui oui!), où ils se rassemblaient pour pratiquer leurs rituels, qui tournaient, selon la légende, souvent au sacrifice humain… d’où le nom de l’île de la barbarie, qui devint avec le temps d’île Barbe. Un siècle plus tard, à l’époque gallo-romaine, l’île devint ensuite le refuge d’une poignée de chrétiens persécutés par les romains. Ils s’occupèrent alors à défricher la terre de l’île et érigèrent le premier monastère sur l’île, ce qui en fait l’un des plus vieux de toute la France. Au Moyen Âge, la communauté devint de plus en plus importante, et l’abbaye produisit même des manuscrits enluminés commandées par Charlemagne lui-même. Au fil des années, l’importance de l’abbaye fut telle qu’un village se développa à ses côtés, Saint-Rambert, qui vint malheureusement à éclipser la communauté de l’île Barbe avec le temps, les lyonnais cherchant à s’établir en dehors du centre de la ville
Aujourd’hui, l’île est un véritable paradis au milieu de la Saône, où d’immenses arbres et une multitude de rosiers font de l’ombre au promeneur qui se ballade entre les vieilles maisons en pierre construites sur les anciennes fondations des temples et autres monastères. Plusieurs des premières maisons érigées au XIe siècle ont été détruites durant la Révolution, entraînant du coup le démantèlement de la communauté, mais heureusement, la chapelle Notre-Dame-de-Grace est toujours debout, avec son pignon pointu, son cloître datant de 1070 et sa roseraie.




Une grande partie de l’île est maintenant privée et habitée par de riches propriétaires, à mon grand dam, qui aurait bien voulu pouvoir franchir les grilles des jardins et pépier moi aussi avec les oiseaux… Je me suis contentée de m’étendre sur les grosses roches au sud de l’île, les pieds dans la Saône, la vue sur le petit port de Saint-Rambert et ses vieilles façades, un livre à la main.


Pour les photos de l’île barbe, c’est ICI!
En soirée, Julie et moi avons décidé de célébrer la fin de ma session et notre départ imminent sur les berges du Rhône, avec une bouteille de rosé. L’ambiance était particulièrement spectaculaire, puisque chaque centimètre des berges était pris d’assaut par les lyonnais, venus comme nous, prendre un verre en regardant le soleil se coucher sur le Rhône, turquoise de chaleur et de lumière. Sur l’herbe, des gens, tous heureux, certains avec des guitares, d’autres avec des tamtam, et même un violoncelliste venus rajouter au caractère festif de la soirée. Vraiment le genre d’ambiance qu’il est impossible de décrire, qu’il faut simplement vivre pour comprendre…
J’ai mis plus de temps qu’à l’habitude pour rentrer ce soir là chez moi, les oreilles bercées par la musique des nuits sonores de Lyon (un festival de musique électronique qui battait son plein dans toute la ville), les yeux errant sur les paysages nocturnes que je m’apprête à quitter. Vraiment, ça va être un deuil très très difficile…

Jeudi, 21 mai 2009
Le lendemain matin, après avoir avalé une nuée de crêpes arrosées de bon sirop d’érable québécois et parsemées de fraises du marché, j’ai de nouveau enfourché un vélo’v pour me rendre à l’Institut Lumière, à l’est de la ville, tout près de chez Élise et de la fac de la manu.
J’ai particulièrement aimé ma visite du Musée Lumière, sans grande surprise, étant donné mon amour de la photographie et de l’esthétique du cinéma, d’autant plus que la visite recoupait certaines données que j’avais apprise lors de mon cours de cinéma à l’université la session précédente. Or le Musée Lumière, comme son nom l’indique est n’y plus ni moins l’ancienne villa des Frères Lumières (moi je dirais davantage un château, avec ses verrières, ses lustres, ses balcons qui donnaient à l’époque une vue sur les Alpes par beau temps), en plus d’être le lieu où fut inventé le cinématographe et bien sur, là où fut tourné le tout premier film au monde…! Sympa non?
On y retrouve évidemment une quantité impressionnante de dispositifs cinématographiques allant des toutes premières caméra, dont le fameux cinématographe qui tourna le tout premier film de l’histoire, à celles plus fantaisistes de Louis Lumière, le plus reconnu des deux, qui, fait cocasse maintenant que j’habite Lyon, réinventa le gramophone moderne après avoir une promenade au parc de la Tête d’Or, où il observa que les éventails des jeunes dames produisait un son différent avec le vent. :)
Véritables génies, les deux frères ont déposés plus de 200 brevets d’inventions au cours de leur vie, touchant à presque tous les domaines : Auguste Lumière s’est penché dans les dernières années de sa vie sur l’univers médical, inventant notamment des prothèses et des procédés médicaux encore utilisés de nos jours.

Le fameux cinématographe qui tourna le premier film de l’histoire!
Quant à Louis Lumière, on lui reconnait l’invention des autochromes, soit les toutes premières photographies couleurs, rien de moins. J’ai été complètement subjuguées devant la splendeur des plaques autochromes, restant plantée sur place à les observer pendant de longues minutes : unique au monde, chaque plaque de verre est composée de millions de grains de fécule de pomme de terre posés sur une plaque en noir et blanc. Comme l’invention du cinématographe, les autochromes ont révolutionné le monde, puisque désormais, il devenait possible de parcourir le monde en regardant simplement des images qui parvenaient à rendre l’ambiance, l’atmosphère d’un moment.Louis Lumière mit sept ans à inventer le procédé, qu’il considérait à la fin de sa vie comme son invention la plus importante et la plus révolutionnaire. D’ailleurs à ce jour, ces plaques autochromes datant de 1903 ont une qualité et un rendu des couleurs et de la lumière qui reste à ce jour inégalé… c’est dire à quel point ces photographies sont impressionnantes.
L’invention des plaques autochromes est fortement liée au mouvement impressionniste d’ailleurs, mouvement artistique qui est de loin devenu mon favoris au cours des derniers mois : comme dans la peinture pointilliste, c’est la globalité du regard qui compose l’impression de couleur et rend les reflets lumineux.

Évidemment, c’est tellement moins puissant et moins beau qu’en vrai, où la lumière est tellement vive et à la fois diaphane…
Louis Lumière restera d’ailleurs obsédé par la couleur jusqu’à la fin de ses jours, où on raconte qu’il s’était mis en tête, dans les derniers temps de sa vie, à vouloir inventer le sel de couleur. Eh oui, le sel de couleur, puisqu’il en avait marre de ne jamais savoir quelle quanité de sel il mettait dans ses patates : « Ne serait-il pas pourtant plus simple, d’avoir un sel rose, ou bleu, pour enfin voir si nous salons trop ou trop peu notre assiette? » Ahhh! Quel homme ce Louis!

En sortant, je me suis permise une petite folie à la boutique du Musée, soit une reproduction d’une plaque autochrome de Gabriel Veyre, l’un des protégés des Frères Lumière qu’ils envoyèrent parcourir le monde pour en ramener des images à Lyon et à Paris. Il s’agit d’un portrait tout simple et magnifique d’une femme et de son enfant prise à Marrakesh. À défaut de n’être finalement pas allée comme j’aurais tant aimé, j’aurai un peu de ses couleurs avec moi…
Anedote:
Souhaitant être polie et appropriée, je me présente à l’accueil, n’ayant vu aucune indication, et demande s’il est permis de prendre des photos, d’une voix gênée (nous étions après tout dans un musée!). Et la dame de répondre avec un grand sourire amusé, « mais bien évidemment mademoiselle, vous êtes tout de même dans la maison des pères de la photographie! »

(L’une des premières affiches promotionnelles pour une représentation du cinématographe, avec ici, le personnage de la fée électricité, hihi!)
Vendredi, 22 mai
Le lendemain, vendredi, je suis partie de chez moi avec la ferme intention de m’égarer dans le temps et dans l’été, laissant ma montre chez moi, n’emmenant qu’un livre et une couverture. Je suis donc allée m’étendre sur les berges du Rhône, à quelques minutes de chez moi, dans le coin des escaliers aménagées et des bassins d’eau où une multitude de jeunes sautaient. Le gazon était presque tout occupé par d’autres lyonnais venus, comme moi, rêvasser sur l’herbe face au Rhône et à ses cygnes, se laissant dorer au soleil (ce qui m’a fait remarqué qu’enfin, les pantalons longs avaient disparus… il était temps!). Or, le soleil m’a joué un vilain tour en fin d’après-midi lorsque je me suis réveillée, sentant sa chaleur irradier dans ma peau. Au moment où j’écris ces lignes, je suis donc digne de m’appeler Madame Tomate, puisque j’aborde un charmant coup de soleil, qui ne s’est pas moins atténué durant la fin de semaine, puisque la grosse chaleur a perdurée les jours suivants.
Samedi, 23 mai
C’est effectivement sous une chaleur écrasante et un soleil éclatant que nous sommes allés pique-niquer, quelques amis Erasmus et moi, pour l’anniversaire de Catinca au parc de la Tête d’Or le samedi suivant.

Élise et Julie, au parc de la Tête d’Or
La journée fut des plus agréables, et surtout très française : Catinca et Vincent sont arrivés avec leurs victuailles chargées dans un panier d’osier, des nappes rouges à carreaux dans les mains, baguettes de pain sous les bras. Nous nous sommes installés près de l’immense lac bleuté du parc, en compagnie de plusieurs bouteilles de rosé et de pastis, saucisson, fromages et salades, bref, que des merveilles pour la bouche dans un cadre aussi merveilleux pour les yeux.
Dimanche, 24 mai
Et ce monde de merveilles qui avait commencé mercredi s’est achevée hier en toute beauté, avec ma représentation de l’opéra Mort à Venise, dont je m’étais procurée des billets en janvier dernier, en même temps que ceux pour Giselle, le ballet que j’ai été voir il y a quelques semaines déjà.
J’en profite pour glisser au passage que la semaine dernière, j’avais décidé de m’extirper de mon étude le temps d’une journée puisque l’Opéra faisait portes ouvertes, invitant toute la population à visiter ses coulisses, à assister à des petits concerts gratuits et à, surtout, avoir accès à la fabuleuse salle de répétition du ballet! :)

Pour les photos des portes ouvertes de l’Opéra, c’est ICI
Avec Julie, nous avons donc appris que l’Opéra, ce magnifique bâtiment mêlant à la fois moderne et classique, son immense dôme de verre abritant encore les stucs et colonnades du premier bâtiment de 1830, ne possède pas moins que 18 étages, dont six au sous-sol, où loge une réplique de la scène principale. Impressionnant tout de même! La visite a débuté avec un petit récital d’opéra auquel on nous a invité à prendre part et où tout le monde a joyeusement participé. On a également pu observer quelques costumes de représentations passées, et puis j’ai discrètement pirouetté sur le plancher du studio des Ballets de Lyon, magnifique avec ses millions de miroirs et ses barres horizontales donnant sur la ville…
J’ai particulièrement aimé les portes ouvertes et l’ambiance qui y était créée. On oubliait que nous étions à l’Opéra, dans un milieu habituellement réservé à la bourgeoisie ou du moins, à une certaine élite -quoique il me semblerait difficile de défendre que je n’y appartiens pas non plus, mais bon… L’ambiance était à la fête et franchement, l’art y était présentée comme un événement accessible à tous, sans discrimination de classe sociale ou d’éducation et ça m’a franchement plu. J’y d’ailleurs appris que de nombreux spectacles ont lieu gratuitement dans l’amphithéâtre que l’été, le pourtour de l’Opéra se transforme en Café jazz, donnant ainsi l’occasion au breakdancers qui s’agitent sur les marchent du bâtiment de pratiquer à l’intérieur, au frais. J’essaie de transposer l’image : imaginez des jeunes écoutant du hiphop et dansant des break sur les marches du Palais Montcalm. Est-ce que la direction les tolérerait tous les jours, en plus de leur ouvrir les portes de leur scène et de leurs locaux l’été pour les laisser s’exprimer au frais…?

Bref, tout cela pour dire que le dimanche donc, j’ai assisté à ma deuxième représentation à l’Opéra (encore une fois pour 6 euros, je le redis!), et cette fois-ci il s’agissait bien d’un Opéra, un vrai de vrai, genre auquel je n’avais jamais assisté, Mort à Venise, de Benjamin Britten, inspiré de la nouvelle de Thomas Mann. Si j’ai été séduite par les costumes et la certaine splendeur qui en ressortait, j’avoue m’être endormie à quelques reprises, non sans regrets.
Le rôle principal était constitué de longgggs monologues qui pouvaient parfois devenir lourds et sans la présence des neuf danseurs, je crois que je me serais avouée vaincue. J’ai bien aimé la musique, quoi que cela n’avait rien de joyeux (et ici, je parle sans compétence musicale profonde, ne connaissant pas l’oeuvre de Mahler, le compositeur), et les voix, impressionnantes, mais il manquait de mouvements, de dynamisme, auxquels je crois la danse m’a habitué. Et je crois que j’aurais davantage apprécié l’œuvre si j’avais lu d’abord la nouvelle, puisque le propos de l’opéra est avant tout une réflexion sur l’homme et ses désirs, sur sa recherche du beau. Bref, j’ai été un peu déçue, mais je demeure tout de même heureuse d’avoir pu assister à un Opéra, au moins une fois dans ma vie!

L’architecture incroyable de l’Opéra de Lyon

Et si tout marche bien, vous devriez voir un extrait du récital chanté lors des portes ouvertes, très mauvaisement filmé par moi! :)







Bonjour ma belle.
Que de belles photos encore une fois. Je suis impressionné de voir toute la couleur et les imges qui défilent comme une parade de bonbons Sans compter tes textes, On en voudrait encore elles nous gätent les sens
Hélas la fin de ton périple tire à sa fin et l’Espagne te procurera d’autres frissons. Continue de nous faire voyager avec toi
Je vous souhaite un magnifique voyage.
Merci de nous faire partager tout ces propos.
Je t’embrasse
pap
Salut m’dame!
Je vais dire comme ton père: encore de très belles photos! Toujours aussi impressionnantes. Ils y en a quelques unes qui m’accrochent plus particulièrement et que je pense exploiter pour de futurs toiles… si je finis par finir celle que j’ai commencée! haha
L’Espagne… ah la la. Tu dois être tannée de te le faire dire, mais profites-en au maximum. Tu as réellement de la chance de vivre tout ce que tu vis! Je balancerais volontiers tout derrière moi (hormis mon chum, bien sûr) pour te rejoindre et voyager avec toi!
Bon voyage miss!
xxxxxx
Gauguin, Gauguin…ce peintre m’a toujours laissée perplexe… Sa peinture «D’où venons-nous ? qui sommes nous ? Où allons nous» me fascinera toujours. Elle est d’une beauté très forte. Par contre j’hésite parfois devant ses oeuvres…
Bon, nous ne sommes pas là pour parler uniquement de Gauguin non plus ! Pourquoi ne pas parler de Braque ? Tu as vu «Usine à l’Estaque» ? Chef-d’oeuvre ! Bon, il faut dire qu’Estaque est source d’inspiration pour lui, mais celui-là est mon préféré.
Légère réflextion sur l’élitisme dans ton texte ? J’aime quand tu réfléchis à l’écrit !!! Ça me fait réfléchir et j’aime réfléchir !
J’ai hâte de te voir en juillet jolie mademoiselle.
Douce nuit.
Emmanuelle
P.S. On se cotise et on achète l’Île Barbe ?
lyyyy j’ai tellement aimé le passage des frères lumières, je n’arrive pas à croire que tu a vu le premier cinématographe…. c’est complètement fouuuuu
mon dieu que capote, tu vis tellement de belles aventures, j’ai si hâte de te revoiiir pour que tu puisses encore et encore nous en parler.
je vais m’ennuyer à mouriiiiir sans tes billets…. j’ai tellement aimé te lire ma ptite lyly d’amour depuis le tout début, ce fut un plaisir incroyable de te suivre à travers ton blog
je t’aime
ton brocoli !
xxxx