Hi! Tel qu’annoncé quelques jours auparavant, je reviens tout juste d’un merveilleux séjour en Angleterre passé en compagnie d’Élise, d’innombrables taxis noirs et autant d’autobus impériaux rouges à deux étages! Le récit qui suit est un pot-pourri un peu éparse de nos aventures au pays des British. Il y aurait encore tant à dire et à montrer, mais j’ai du faire un choix sous peine de vous perdre dans une mer de détails et d’anecdotes et comme je tiens à vous, j’ai ralenti mes ardeurs… Déjà que c’est probablement mon billet le plus long…!
Coucou!!
La première journée est particulièrement détaillée, puisqu’elle fut particulièrement… hum, comment dire, rocambolesque? :-) Les photos sont ICI, puisque j’ai atteint ma limite sur Flickr, et je vous recommande fortement de vous y rendre, puisque les quelques qui parsèment le billet ne sont pas nécessairement les meilleures ou les plus représentatives. Celles où j’apparais ont étés piquées à Élise. Enjoy!
Samedi, 14 février
Ahhhhhhhhh! Si un mot pouvait décrire notre première journée en Angleterre, il faudrait probablement faire un espère de mot-valise combinant Putain!-Nonnnn!-Maman, sauve-moi-et Ouf! Ouais, un espèce de mélange de tout ça. Je m’explique.
———-12h30. Lyon
Je pars tranquillement prendre le métro en directement de Grange-Blanche, d’où là je prends la navette Satobus pour me rendre à l’aéroport de Lyon. Évidemment, puisque les Français n’affectionnent pas particulièrement l’organisation et la ponctualité (je vous avait déjà entretenu maintes fois à ce sujet… Non? ;-), nous décollons avec une demi-heure de retard. Notez bien, c’est cette petite demi-heure française qui fera toute la différence…
———–15h33. Aéroport Stansted de Londres
Arrivée en terre britannique sous le regard bienveillant de l’agent de l’immigration qui nous pose une batterie de questions —nous ne serons jamais si c’était par curiosité où par simple rigueur professionnelle. Le processus s’éternise, je regarde ma montre avec angoisse, puisque bien qu’atterrissant à Londres, nous nous dirigeons en fait vers Chester, une petite ville de 115 000 habitants, où il est beaucoup moins cher de loger et de vivre qu’à Liverpool, notre véritable destination, située à quelques heures à peine plus au Nord. Notre avion ayant pris beaucoup (trop) de retard, notre premier train d’une série de trois pour se rendre ultimement à Chester part dans 10 minutes et nous sommes toujours en train de parler avec l’agent-enquêteur-stressant-mais-sympathique. En fin de compte, nous trouvons le terminal de train de Stansted, retirons nos billets et sautons dans ce qui nous semble être le bon train in extremis.
J’ouvre une parenthèse: ici, je dis « ce qui nous semble être le bon train », puisque en aucun cas (et ce, pour la dizaine de trains que nous avons emprunté au cours du voyage) il est inscrit sur le billet ou l’écran numérique le numéro du train à prendre. Alors si nous faisons le trajet Stansted- New Birmingham, par exemple, le seul train qui concorde avec l’heure est celui Stansted-Paddington. Alors là on se dit, mais merde, on veut pas aller à Paddington, on veut aller à New Birmingham! Ce qu’on sait pas, et qu’il n’est écrit qu’une fois rendu sur la plateforme, c’est que le dit train Stansted-Paddington a un arrêt à New Birmingham. Alors le seul moyen de trouver le bon train est de descendre sur toutes les plateformes de train qui partent à 19h55 par exemple, vérifer sur les écrans de toutes les voies, ce qui est, vous l’admettez, assez long et compliqué pour rien, surtout lorsqu’on est pressé…
———-17h30. Gare de Liverpool Street
Nous arrivons donc à Liverpool Street, autre gare quelque part dans l’immensité de Londres (qui fait 7,6 millions de personnes, pour votre culture personnelle). De Liverpool Street, nous devons prendre le métro (le tube, prononcez Tooôubeuh!) pour se rendre à Euston, autre station de train quelque part dans Londres, où de là, un autre train nous attend, celui-là en trajectoire directe pour Chester. Simple comme tout bref.
Une fois à Liverpool Street, premier choc. La gare est magnifique, mais le métro est complètement bondé. C’est un vrai bordel, en rien semblable à celui de Lyon, ni même à ceux de Paris ou de Rome, pourtant assez impressionnants. En sa qualité de premier métro au monde (oui oui! Du monde! Ça vous dit à quel point c’est toute une expérience le prendre!), il est incroyablement complexe, vieux et beaucoup trop minuscule pour la masse de gens qui l’emploient à toutes les minutes. Les rames sont tout autant étroites, éternellement longues et les plafonds sont si bas qu’on se demande comment on arrive à se tenir debout. Et je reprends les propos d’Élise qui a trouvé tout à fait les mots justes pour les décrire : « des véritables petites boîtes de conserves qui font un bruit de ferraille quand ça roule! » :)
On se rue donc littéralement vers l’embouchure des portes pour s’acheter des tickets de métro (excessivement chers, 4£ l’aller simple…), mais un homme nous aborde pour nous offrir une passe d’une journée (travel day card) à 3£ chacune. Même si cela nous serait vraiment plus pratique et économique, notre petite voix intérieure nous crie à l’arnaque et nous refusons gentiment (non, pas gentiment, mais bon…).
————17h40. Underground de Liverpool St.
Notre train part de Euston dans 30 minutes, à 18h10 précisément. Il faut maintenant se démerder dans le plan du métro de Londres. La foule est particulièrement dense dans les couloirs, les gens crient et le bordel est de plus en plus tangible. On ne tarde pas d’apprendre pourquoi… en ce samedi 14 février, des 11 lignes de métro de la ville de Londres, seulement 4 sont en service! Pardon? Eh oui. Et merde. On est dans un foutoir sans pareil, notre train part de Euston (à laquelle nous ne sommes pas rendues) dans une vingtaine de minutes et les trois lignes qui pouvaient nous y amener (on avait quand même le choix et tout était préparé pour que ça fonctionne), aucune n’est ouverte. On a beau s’informer, dans la marée de monde et avec l’accent british d’un policier sec, on ne comprend absolument rien. Je suis prise dans un tourbillon de monde, désemparée devant l’évidente possibilité de manquer mon train pour Chester, de devoir acheter un autre billet à dieu sait quel prix vers on ne sait pas trop où, et de devoir en plus payer l’auberge de jeunesse de Chester pareil, bref, c’est pas rose-rose dans ma tête.
———17h50. Encore dans l’underground de Liverpool St. de merde
On cherche pendant 5 minutes une manière d’emprunter une autre ligne pour faire un transfert, en espérant que nos tickets de ligne 1 aller-simple fonctionneront. On change sans cesse d’avis, montant et redescendant les mêmes escaliers, les yeux à la fois sur la carte et sur ma montre. Voilà dans quoi on nageait (se rendre de Liverpool Street à Euston, mais avec la rose, la jaune et la brune de fermées, en moins de 10 minutes. Bonne chance :

——-17h 55. Encore dans le putain d’underground de London qui nous fait suer
Devant l’évidence impossibilité de faire le trajet en moins de 15 minutes avec le métro paralysé, je propose à Élise de sortir d’ici et de prendre un taxi au plus sacrant, notre ultime porte de sortie pour ne pas manquer le train. On se rue à l’extérieur, les pieds dans Londres sans même y penser, et comme dans les films, oui, oui, je lève ma main bien haut et hèle un des black cabs typiques de Londres qui s’arrête à notre hauteur. Génial. On saute dedans (mais vraiment, on saute dedans, dans le sens, je saute et j’atterris à quatre pattes par terre puisque les black cabs sont tellement longs qu’on peut presque marcher à l’arrière) et avec notre merveilleux accent, on fait répéter une dizaine de fois le chauffeur qui nous prend un peu en pitié.
Autre parenthèse, mais cette fois-ci sur les black cab de London:
Il existe deux sortes de taxis à Londres, les black cabs et les mini-taxis. Bien que relativement plus dispendieux, ces premiers sont maintenant devenus une icône de la ville avec leur voiture qui semble avoir survécu au modernisme automobile (au même titre que les taxis jaunes sont emblématiques de New York, par exemple) et c’est une véritable expérience en soi d’en prendre un. Sachez que pour obtenir sa licence de taxi de black cab, l’apprenti chauffeur doit subir un examen très rigoureux, qui implique la mémorisation complète de 26 000 noms de rues situées dans un rayon d’une dizaine de km, savoir tous les points d’intérêts de la ville, de la simple église à la nouvelle petite auberge de jeunesse ,et connaître tous les trajets d’autobus, les stations de métro et j’en passe. C’est une véritable épreuve qui demande souvent des années de préparation avant de pouvoir être passée avec succès et puis encore, seuls ceux s’étant démarqués lors des examens finaux sont autorisés à recevoir la noble licence de chauffeurs de black cab. Ça, c’est savoir la ville comme le fond de sa poche… Hein? ;-)

Ils ont tellement la classe. Non?
———–17h58. Quelque part dans Londres
S’en suit alors 10 minutes trépidantes et particulièrement mémorables durant lesquelles j’ai l’impression d’être Harry Potter dans le magicobus ou n’importe quelle figure de cinéma dans une poursuite de voiture en pleine nuit. Si, pareil. Je vous le dis!
Le chauffeur, ayant très bien saisi l’urgence de la situation, nous entraîne à toute allure dans un Londres nocturne, empruntant un labyrinthe d’avenues et de rues pour nous sauver du trafic qui fait rage (je rappelle, 18h, samedi soir de la Saint-Valentin, Londres… Le bordel, bref). Je m’accroche au rebord pour tenir l’équilibre (il a des poignées sur les fenêtres et c’est pas pour rien!), les lumières de la ville tourbillonnent autour de nous, le taxi roule à une vitesse folle, et surtout, il roule à gauche, faisant en sorte que j’ai le cœur accroché dans ma gorge à chaque tournant abrupte, ayant une peur incroyable de le voir faucher un passant ou entrer en collision avec un autre taxi. Je suis complètement à l’envers (dans tous les sens du terme), stressée, énervée, regardant sans cesse ma montre, devant les minutes qui défilent au même rythme que le compteur, mais aussi émerveillée devant Londres qui défile à toute vitesse autour de moi, devant les autobus impériaux rouges à deux étages qui succèdent aux taxis magnifiques et devant la ville qui clignote de toutes parts.
————-18h05. Londres, dans le taxi.
J’ai chaud, très chaud, les lumières défilent, le taxi se faufile entre deux bus, j’ai de plus en plus chaud, Londres clignote et le temps s’écoule… Le taxi empiète sur le trottoir, emprunte encore un paquet de virages serrés et des petites rues, écrasant pratiquement piétons et cyclistes. J’ai définitivement chaud. Franchement, ce type mérite amplement d’avoir étudié la ville pendant cinq ans avant d’avoir sa licence, je n’oserais même pas penser au nombre de cadavres qu’on laisserait dans notre sillage autrement… Nous réglons la note sur une lumière rouge, avant de se précipiter hors du taxi et de courir vers la gare juste en face (et avant qu’Élise manque très sérieusement se faire frapper, ayant oublié que les voitures roulent à gauche…!)
———-18h13. Gare de train Euston Station.
Trois minutes.
C’est le temps supplémentaire qu’il nous aurait fallu pour être en mesure d’attraper notre train… Malgré l’expertise impressionnante du chauffeur et toute notre volonté rassemblée dans des incantations qui ressemblaient vaguement à l’énumération d’objets religieux, le trafic londonien aura eu raison de nous et nous sommes arrivées, pantelantes devant l’écran de la gare trois minutes après le départ du train, pour ma part sur le bord de l’épuisement et des larmes.
Et merde.
Nous nous présentons au bureau des billets, la face étirée jusque dans nos petits souliers, mais ô surprise, la gentille dame nous donne des billets pour le train suivant qui, bien qui nous ne mène pas encore directement à Chester, ne nous coûte pas une cenne! On fait la danse de la joie, on rit, on s’embrasse et on gambade dans la gare comme les hystériques d’Occupation double (j’exagère à peine). J’oublie la faim et la fatigue, puis on reprend un autre train en direction de Crew. Puis de Crew, nous empruntons un autre train en direction de Chester, exténuées, mais tellement heureuses d’arriver enfin à destination, après ma foi, 4 trains, un vol en avion, un taxi et deux bouches de métro. Simple comme tout!
Dimanche 15 février
Chester est une minuscule ville dans le Cheschire, qu’on avait à la base choisi pour sa proximité avec Liverpool (et ses prix moins exorbitants que ceux de la cité des Beatles), mais après notre aventure de la veille, nous décidons de rester à Chester pour nous remettre de nos émotions et équilibrer le budget (un billet de métro à 4£ non utilisé, c’est chiant!).
Chester est la seule ville de Grande-Bretagne à avoir conservé ses fortifications, dont la grande partie remonte du temps des romains (rien à voir avec les fortifications de Québec donc…!). La ville est magnifique, très petite et donc très chaleureuse. L’architecture typique est celle des maisons victoriennes bariolées de blanc et de noir de style médiéval, et le très peu de touristes dans la ville nous permet de bien goûter au charme rustique de l’endroit.


Ci-dessous, l’horloge de Chester, qui chante tout le temps, rendant la ville fort sympathique :)

Ben oui, il pleuvait! On est en Angleterre après tout!



Ben oui, nous avons dégusté le déjeuner typique anglais (bon, je dis nous, mais en fait, Élise seulement… Disons que des lardons, une tomate grillée, un champignon géant, des oeufs, un saucisse, des patates et autre trucs frits le matin avait de quoi me lever le coeur…)


Nous nous promenons sous la pluie quelques instants avant de tomber sur la magnifique cathédrale de Chester, qui avec son style vaguement gothique, vaut franchement le détour.


Anecdote:
Une fois entrées à l’intérieur de la cathédrale, une musique à vous glacer le sang se met à jouer, l’orgue exécutant très certainement ce qui me semble être la marche du Christ vers la croix ou du moins, une trame musicale sonore particulièrement sinistre qui aurait certainement sa place dans un film d’horreur. Complètement effrayée, la mélodie le son de l’orgue me donne la chair de poule et je regarde en tremblant presque l’impressionnante cathédrale, qui semble résonner de profondeur et de majesté sous la vibrante musique d’épouvante.

Le mélo-dramatique de la situation atteint son paroxysme lorsque je remarque une petite voûte faiblement éclairée derrière moi. Seule dans la pièce, je découvre avec stupéfaction qu’il s’agit en fait d’un ancien tribunal de justice datant probablement XIIe siècle… Tout y est : l’estrade dédiée au juge, les bancs formant un cercle dans le centre pour le peuple qui assistait aux séances, la chaise de l’accusée tapie dans un coin surélevé, la musique complètement irréaliste qui résonne dans la cathédrale, j’entends presque les chaînes des prisonniers racler le sol, le peuple qui crie à la potence et j’imagine les gens massés dans les coins et juchés sur le bord des fenêtres. Saisissant.

Les heures qui suivront seront passées à marcher dans la ville, parcourant le sentier situé sur les murs des fortifications, nous permettant un magnifique panorama sur Chester et sa campagne avoisinante. Nous faisons également un saut au Grosvenor Museum, faisons une promenade sur les berges de la rivière avant de sortir dans un pub déguster un fish n chips anglais comme il se doit. :-)
Pour faire le tour de la ville en photo, c’est ici!
Lundi, 16 février
Nous continuons notre périple vers Oxford, qui s’est méritée la palme de la ville coup de cœur du voyage.
Pour s’y rendre, nous goûtons encore une fois à la galère des trains, empruntant 3 trains différents, mais cette fois-ci, dans un calme relatif et surtout, beaucoup plus lucides. J’ai même tenté de capturer sur pellicule un peu de campagne anglaise sur le vif, presque aussi belle que celle des films d’époque, moutons inclus.


Oxford est la ville d’Angleterre qui abrite les plus fameuses et les plus anciennes universités de Grande-Bretagne (les plus vieilles, dont Merton College, datent du XIIe siècle…). Ville mythique, mainte fois utilisée dans le tournage de films d’époque ou mentionnée dans une panoplie de livres (et même utilisée pour le nom de notre kit de géométrie au primaire!), y mettre les pieds est une expérience tout à fait mémorable.





Une journée n’a pas suffit pour faire le tour de toutes les universités (il y en a une quarantaine au total!) et nous aurions pu aisément prolonger notre voyage d’une semaine à Oxford seulement, sans rien perdre de notre émerveillement. Fourmillant d’étudiants, la ville est un heureux mélange de jeunesse et de passé, où le modernisme est en minorité, puisque tous les campus sont de véritables châteaux chacun, en plein cœur des rues et des passages piétonniers (et des millions de vélos! J’ai jamais autant vu de bicyclettes de ma vie!). J’ai eu l’impression beaucoup trop souvent dans la journée d’être dans un film, l’atmosphère étant trop splendide et irréelle (et puis, pour rendre la chose encore plus parfaite, le jour de notre passage, le soleil était si fort et le vent, si doux, que j’ai pris un coup de soleil…)
Notre première visite a été celle de Merton College, un des trois premiers collèges à être construits au XIIe siècle. Coup de cœur total. C’est un véritable petit château, qui contient une multitude de cours intérieures, d’arcs en pierre, de murs de lierre, de pavés chauffés par le soleil et une chapelle non électrifiée, où les étudiants se rendent encore avec leurs chandelles pour l’office…






Bon, là ça fait depuis 15 minutes que je gosse quelque chose pour vous décrire tout ce que je ressenti, mais je n’arrive vraiment pas à écrire quelque chose qui représente le tiers de ce que c’était, alors tant pis (ouais, je sais, je serai jamais écrivaine! Hihi!). Vous aurez juste à vous rendre par vous-même! Et puis les photos, ça vaut tellement rien à côté de la réalité!
Deuxième arrêt, Christ Church College, que mon Lonely me décrit comme étant le plus gros, le plus spectaculaire et le plus populaire des collèges d’Oxford. On y lit aussi que treize premiers ministres britanniques y ont fait leurs études et que Lewis Caroll y a écrit Alice au pays des merveilles… Chemin faisant vers la porte d’entrée principale (principale pour les touristes hein, parce que les étudiants ils ont la vraie de vraie porte principale!), nous logeons un sentier boisé sur le bord d’un canal menant à un lac où des cygnes se reposent… Un vent chaud souffle dans mes cheveux, les oiseaux chantent, des étudiants font leur jogging tranquillement dans l’herbe, des saules pleureurs s’étendent le long de l’eau et à ma droite ce n’est qu’une succession de petits royaumes en pierres, de pignons de cathédrales et autres détails architecturaux irréels… Je me pince et je me repince en regardant Élise qui semble autant abasourdi que moi par la magie du moment. J’évite soigneusement de prendre une photo, me disant que rien, mais rien, ne pourrait traduire l’instant présent, sauf peut-être une équipe de tournage d’Hollywood, puisque vraiment, nous sommes dans un film! Deuh!


Le collège spectaculaire en question. Il l’était, oh ça oui. Seul bémol, son prix d’entrée assez spectaculaire lui aussi, quand on pense que Merton College était gratuit. Nous avons d’ailleurs estimé que tout étudiant universitaire devrait avoir le droit de visiter un autre campus universitaire gratuitement. On se mêlait assez bien à la foule des étudiants en plus (bah, seulement si on ne nous demande pas de passer un test de QI). Et puis, franchement, on ne fait payer personne, nous, pour venir visiter la merveilleuse et ô combien paradisiaque Université Laval! Hein?

Anecdote/tranche de vie/moment quétaine :
Bon. Je ne connais pas le nombre de personnes qui lisent mon blog (non, c’est faux, selon mes statistiques wordpress, vous seriez une trentaine par jour. Impressionnant! Surtout quand on pense que je n’ai que 4-5 commentaires par billet! Peuh!), mais peu sont ceux d’entre vous qui connaissent ma véritable nature, à savoir que je suis complètement quétaine et que surtout, j’adore Harry Potter. Lancez-moi des roches, j’étudie en littérature, mais Harry Potter constitue un livre culte dans ma bibliothèque, un des seuls à pouvoir me tenir en haleine encore après des centaines de relecture. Cela dit, vous comprendrez ma folie lorsque je me suis rendue compte que le Christ College avait été utilisé pour servir de décor au tournage des films d’Harry Potter. Ouuuuiii! Oui! Je sais! Moi aussi j’étais toute énaârvée!
* Pour ceux d’entre vous qui partagent la même obsession que moi (sur une trentaine, je ne dois pas être la seule! Si? Bon…), d’autres photos sont disponibles sur l’album photo, ICI.
L’escalier menant à la grande Salle et montré à de nombreuses reprises dans les films (je confirme, je me suis pitchée dans un visionnage intense des films à mon retour à Lyon!). Il est vraiment, vraiment pareil et le plafond est magnifiquement orné.


La grande Salle, avec le plafond symbolisant la voûte céleste, les tables disposées en rang et la table des professeurs, à l’arrière. Les repas continuent d’y être servis à tous les jours et des étudiants chanceux continuent de manger sur les mêmes tables d’origine depuis 1529, sans même se rendre compte de leur veine…

Encore un peu de Christ Church College…


(Y’a pas moins cliché étudiant british que ça… les compétition d’aviron!)
Puis promenade jusqu’au coucher du soleil dans la ville d’Oxford, où nous croisons, biscuits de chez Ben’s Cookies à la main, un tas de belles surprises, dont cette bibliothèque, le Radcliffe Camera, le monument le plus photographié d’Oxford, et le Pont des Soupirs, inspiré du célèbre pont vénitien, mais sans l’eau, bien entendu…



Mardi, 17 février, Londres
Nous arrivons à Londres le lendemain, en début d’après-midi. Notre auberge est située tout près du London Eye, cette grande roue qui est à ce jour, la plus haute du monde. Nous débutons donc notre visite par une promenade le long de la Tamise, la rivière qui sépare la ville en deux, croisant un nombre impressionnants de touristes et d’amuseurs publics.


Direction, le Tate Modern, un des musées les plus renommé au monde en terme d’art moderne et très certainement, l’un des plus courus à Londres (et moi j’aime décidément les musées gratuits!) J’ai déjà parlé précédemment de ma passion pour l’Histoire de l’art et des quelques connaissances que j’en avais. Vous serez donc heureux d’apprendre que j’ai littéralement été éblouie, ayant enfin la chance d’observer (entre autres!) du Picasso, Bacon, Monet (oui, les Nénuphars en plus!) Magritte, Chagall, Derain, Newman, Kandisky, Mondrian (oui!), Diego Rivera, Pollock, Rothko, Ernst (que j’adore), un Duchamp (mais pas l’urinoir) et surtout, mon premier Dali, qui en plus, était la toile que j’avais étudié lors d’un travail au Cégep, Cannibalisme d’automne et que j’affectionne particulièrement. J’ai également eu un coup de cœur pour un artiste que je ne connaissais pas, Chris Ofili et sa toile No woman no cry, sur laquelle sont collés divers matériaux, qui ne peut être appréciée qu’en vrai, tellement les matières et la lumière se reflètent d’une manière tout à fait incroyable. Notre seule déception réside dans le fait que nous étions toutes excitées de pouvoir enfin voir du Warhol, après avoir lu que ses Marilyns y étaient exposées… qu’au mois d’avril. :-(
Jeunes anglaises s’intéressant à une oeuvre du mouvement des Young british artists.
Devant la cathédrale Saint-Paul, nous décidons d’utiliser à bon escient notre travel day card des transports de Londres et sautons dans un bus impérial rouge à deux étages! Évidemment, nous avons grimpé jusqu’en haut, et c’est juchées sur le devant complètement du bus que nous avons parcouru Londres jusqu’au Tower Bridge. La perspective est complètement différente vue d’en haut! On a vraiment l’impression d’écraser les piétons et les autres voitures et que le bus en avant de nous va s’étendre de tout son long sur la chaussée tellement il est plus long que haut. C’est plutôt sympa!


Et puisqu’il pleuvait lors de notre descente, je n’ai pas de très bonnes photos du Tower Bridge, alors vous vous contentez de celle-là, piquée en noir et blanc.

Pour continuer dans mon spécial Ly-se-rend-en-Angleterre-et-ne-pense-plus-alors-qu’à-Harry-Potter, j’ai supplié Élise de m’accompagner jusqu’à King’s Cross, la fameuse gare d’où laquelle le Poudlard Express part tous les ans… Ce fut une aventure sympathique, malgré le fait que l’espace aménagé pour les touristes-finis comme moi ne soit pas vraiment entre les quai 9 et 10…

C’est la face de la fin de journée… Mais je trouvais la photo comique!
Puis nous avons terminé la journée à Picadilly Circus, un sorte de Times Square miniature autour duquel tourne une procession d’autobus rouges et de taxis et qui fourmille de monde touristes.



Mercredi, 18 février, Londres
Le lendemain, nous remercions la providence puisque le ciel de Londres est d’un bleu éclatant et le soleil perce les nuages londoniens. C’est la joie et nous marchons en direction du Palais de Westminster et de son horloge, le Big Ben.

(le zoom optique de mon appareil est incroyable… J’étais quand même de l’autre côté du pont à ce moment là…)

Détail du palais

Le chevet de Westminster Abbey
En route vers Buckingham palace, Élise me fait remarquer que tout est sujet à être «royalisé », des poteaux piétonniers aux dessus de lampadaires, la couronne britannique est posée partout! Ça nous fait bien rire, alors que Buckingham nous déçoit pas mal, pas si impressionnant au bout du compte quand on songe que la reine y habite…
Ci-dessus, ce qui couronne (oh, le jeu de mot! Papa va être fier!) un lampadaire

Buckingham palace et un détail du porche (le seul truc impressionant en fait…)

Hin hin hin! ;)
(Dans ma soif éternel de potins, je me suis consolée en me disant que cette madame en tailleur beige et chapeau assorti devait être importante et que ça valait une photo, merci zoom optique). Je sais, je gagnerais pas cher de ma vie en paparazzi…
Faute de ne pouvoir visiter Beurk-ingham Palace, nous nous sommes dirigées vers la Queen’s Gallery, où après s’être ruinées en achetant un billet d’entrée, nous avons pu observer à quel point la famille royale était riche avec une exposition sur (une partie j’imagine) de leurs trésors… Beau paradoxe tout de même. N’empêche… La collection d’œuvres d’art était plus ou moins intéressante, mais j’ai vraiment été séduite par l’exposition des joyaux de la couronne, qui a littéralement réveillé la princesse en moi. Franchement, après avoir observé une couronne royale sertie de rubis et de diamants, ma vie ne sera plus jamais la même… C’était magnifique. Éclatant, dans tous les sens du terme. Étaient aussi exposées une superbe ceinture d’émeraudes, de même que des boucles d’oreille en diamant à vous arracher les lobes d’oreille à 97 carats. Rien que ça.
Ben oui, je l’ai vu en vrai. Oui, j’ai résisté à mes pulsions et j’ai soigneusement évité de fracasser la vitre pour me la mettre sur la tête. Je sais, moi aussi je suis triste de ne pas l’avoir touchée….
Puis ballade dans le Saint-James Park, à la place de la Marine, jusqu’à Trafalgar square où nous atteignons la National Gallery, autre musée d’art.

La National Gallery abrite l’une des collections de tableaux de maîtres d’Europe les plus belles et les plus complètes, tous les mouvements et périodes artistiques étant représentées avec de gros morceaux : Botticelli, Van Eyck, De Vinci, Raphael, Titian, Michelangelo, Rembrant, Vermeer (oui!), Velasquez, le Caravage, Klimt, Turner, Manet, Monet, Cézanne, Seurat, Dugas et ses danseuses magnifiques, et j’en passe… J’avais déjà goûté au génie des peintres de la Renaissance lors de mon voyage en Italie et donc j’ai été davantage intéressée par les peintres du XVIII et XIX siècles. De ma visite, deux peintures m’ont marquées, deux peintures que je connaissais déjà bien, très bien. D’abord, j’ai eu la chance de voir les Tournesols de Van Gogh. Je me rappelle qu’on m’avait dit que cette toile ne valait rien sur papier ou sur diapo, car sa véritable intensité était sur la toile elle-même, dans la dimension apportée par la peinture. Et elle avait raison. En vrai, cette célèbre toile de Van Gogh prend sa beauté dans le fait que les tournesols sont sculptés dans la peinture, que celle-ci leur donne une profondeur qui rejoint presque que le 3D. C’est vraiment magnifique.
Et puis, et puis… Il y a eu cette toile, que je connais par cœur puisque j’en ai la reproduction accrochée près de mon bureau, et qui occupe le mur en entier. Que je côtoyais tous les jours avant mon départ et que j’ai mainte fois regardée.
Renoir, Les parapluies, National Gallery, 1880-1885.
J’ai certainement du passer une vingtaine de minutes à la regarder, la vraie cette fois-ci, encore plus grande et majestueuse. Les couleurs sont tellement plus vives, plus éclatantes en vrai (d’ailleurs, Googlez-là et on vous sort une multitudes de versions aux couleurs complètement différentes qui ne représentent aucunement la réalité). On voit les coups de palettes sur le chapeau de l’enfant, on s’extasie devant le dégradé parfait du rose au mauve, puis au marron sur les parapluies, on remarque que la peau est translucide et qu’il a beaucoup plus de rouge et de rose franc. Mes perceptions étaient toutes chamboulées et j’ai complètement a-do-ré. On croit reconnaitre le travail d’un artiste en remarquant sa beauté sur une reproduction, sur une diapo ou sur une image pourtant bien nette, mais en vrai, il a quelque chose d’encore plus grand qui ressort, une sorte d’intensité apportée par chaque petit détail, par chaque coup de palette, de pinceau, de touche qui est visible selon un certain angle du corps et du regard, et qui change à chaque battement des cils. C’est magique. ;-)

Nous ressortons du musée vidées, mais trouvons tout de même la force d’aller gambader à Covent Garden, un espèce de marché couvert, fort en petites boutiques touristiques quétaines, mais à l’ambiance très sympathique. On fouine tranquillement dans les allées, je trouve quelques reproductions du travail de Banksy, artiste de rue que j’adore, mais elles sont malheureusement hors de prix.

On se console donc sur le chemin du retour en prenant un million de photos du Big Ben illuminé dans la nuit, en se disant que nous repartons dans 6h pour Lyon (oui oui, notre vol étant à 6h15 du matin, nous sommes parties comme des fugitives en plein milieu de la nuit, pour attraper un train qui nous mènerait vers l’aéroport. Or, on a tellement eu des mauvaises aventures avec les trains qu’on est parties vraiment tôt… tôt comme 3h du matin, à l’heure où les rues de Londres étaient vraiment, complètement, totalement désertes…).







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Faits divers
- Il faut que je vous le dise, j’étais heureuse. Oui, profondément euphorique. Il nous a coûté 1,20 £, un rien contrairement à ce que je paye pour m’en procurer à Lyon et du pas très bon en plus. Ça commençait à faire longtemps et j’étais sur le point de faire une sérieuse crise, en manque que j’étais. Oui oui. On a trouvé un magnifique, sublime, merveilleux pot de beurre d’arachide… au chocolat blanc! OUI! Au chocolat blanc! Du beurre d’arachide! Au chocolat blanc! Mais quelle invention prodigieuse! Je sautais partout, tellement c’était un beau et très sincère moment de bonheur. J’examine présentement la très sérieuse possibilité d’en faire commander d’Angleterre jusqu’en France, puisque de toute manière, les petits pots que je trouve ici me coutent une fortune et semblent provenir de… Stockholm! Non mais, les Français devraient sérieusement apprendre à faire simple des fois! ;-)
- Les filles, vous m’avez toutes remerciée en m’envoyant des fleurs, et maintenant que j’ai été officiellement nommée la déesse des nanas tendances, je prends mon rôle très au sérieux. J’ai donc joué les paparazzis lors de mon séjour à Londres, une des capitales de la mode en Europe et juste pour vous, je vous livre en exclusivité une photo de la nana-pas-du-tout-tendance-qui-essaie-de-l’être croisée quelque part à Trafalgar square. Mesdames, bien qu’elle porte tout ce que j’ai mentionné précédemment (les shorts, les bottes, les collants, le sac en bandoulière en cuir, le portable à la main, le manteau en cuir):

- Au moment où nous avions tous désespéré, j’ai finalement eu un cours donné mardi (sur les trois prévus), après un mois de grève! M. de Vergnette, mon professeur de Beaux-arts, semblait lui aussi dépassé par les événements, nous avouant avec un sourire excité au creux des lèvres et ses cheveux ébouriffés comme un gamin que c’était la première fois de sa vie qu’il faisait la grève…! Ce professeur est beaucoup trop charmant et j’aime décidemment ses cours enflammés qui me permettent de revoir mes connaissances en Histoire de l’art et de pousser avec excitation du coin du coude Élise lorsque nous étudions un tableau que j’ai déjà eu la chance de voir en vrai (ce qui arrive de plus en plus souvent désormais!)
- Jockkmokk la Fougère est de plus en plus entre la vie et la mort. De sa touffue chevelure, il ne reste plus que trois branches qui semblent relativement colorées et heureuses, le restant n’étant plus que tas de feuillage tout rabougri. Si quelqu’un possède une quelconque licence de réanimation fougeresque, qu’il se manifeste!

Je sais… Je sais…
Bisous! Et laissez un petit commentaire si vous passez par ici, 4 sur 30 c’est bien peu! ;)